jeudi, 24 septembre 2009
So glad
Elle est bonne, cette cigarette. Cette vodka aussi.
Il faut que je vomisse tout ça, mais je n’y parviens pas. Un échec en cache un autre. Mais je continue. Il faudrait que quelqu’un me dise d’arrêter peut être. Je me console avec ce que j’ai de mieux : une cigarette. Et une vodka aussi.
La volonté n’est parfois pas suffisante. On peut être courageux et ambitieux, mais ça ne suffit pas. Ce n’est jamais assez. Quand on ne sait pas comment faire. On ne convient pas parce qu’on ne parvient pas à se conformer. Comme si une force mystérieuse cachée au fond de soi pulvérisait toute bonne action à sa naissance. On croit être en sécurité, tout en ayant conscience que l’équilibre est fragile. On croit que le mensonge ne sera jamais dévoilé. On ne peut pas cacher bien longtemps ce que l’on est. Ce que je suis. Mais qu’est-ce que je suis ? Pas grand-chose. Pas plus. Pas moins. Ce n’est jamais assez.
Je n’arrive pas à vomir ces larmes. C’est que tout va bien.
Peut-on user un fichier MP3 ? Peut-on ignorer ses craintes ? Peut-on se laisser périr ? L’horizon s’assombrit, et le sourire que j’arborais ce matin ne sera pas le même demain, puisqu’il sera d’une fausseté différente. Une mauvaise nouvelle chasse un souci d’une énorme futilité.
Alors, c’est comme ça que ça se passe : on noie son ennui dans la possession ? On tue ses inquiétudes dans l’alcool et la cigarette ? Et en prétendant qu’on est suffisamment fort pour surmonter tout ça, on continue de sourire aux autres en disant « y a plus grave dans la vie » ?
Je suis simplement dans un TGV qui n’avance plus. A attendre qu’il repart. Tout en sachant qu’il ne prendra pas la direction que j’avais prévu. Peut être qu’il ne repartira jamais. Qu’est-ce que j’en sais ? Qu’est-ce que je peux y faire, puisque rien de ce que je fais n’est suffisant ?
C’est que certains ne seront jamais faits pour tout ça. Peu importe les raisons. Peu importe les efforts. Peu importe la volonté. Puisque rien n’est suffisant.
C’est sûrement le signe qu’il est temps de partir, dans un autre pays, un autre monde. Il est temps et je tends la main vers elle.
** the amazing sounds of orgy **
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mardi, 22 septembre 2009
Où il est question de désirs ou d’hallucinations
Je sais ce que je veux. J’ai toujours su. A chaque moment de ma vie. Quand j’étais au collège et au lycée (oui, je sais, 6 années d’obsession), je voulais sortir avec S. Comme j’étais moche et totalement transparente, et comme il voulait se rapprocher des gens « cools et habillés en marques », nous avons du nous parler par erreur que quelques fois. Je me souviens que lors du voyage en Angleterre en 3e (ou en 4e), nous passions beaucoup de temps ensemble et je me souviens aussi qu’il avait été mon guide au musée de la RAF et que nous étions assis à coté dans le simulateur de vol. Nos bras avaient du se toucher. Il s’est éloigné quand ses copains l’on taquiné à mon sujet. Depuis, il ne m’a plus jamais adressé la parole. Conclusion : on est bien con quand on est jeune. Ca me rappelle qu’à l’époque, je croyais encore au Prince Charmant et que mon imaginaire « de la relation amoureuse » était puissamment influencé par les téléfilms italiens de M6, les séries télévisées américaines et les chansons de Radiohead et des Beatles. Je me souviens qu’avant de rentrer en Prépa, je me disais que j’allais rencontrer un garçon, et qu’il serait forcément le seul et l’unique. Je pensais que j’allais donner mon premier baiser, ma virginité à celui qui partagerait le reste de ma vie, à celui qui m’aimerait passionnément et que l’on allait vivre happily ever after.
Et bien, en fait non. Ça ne s’est pas passé comme je l’imaginais. J’ai rencontré des garçons, plusieurs. J’ai donné mon premier baiser et ma virginité à un garçon que je n’ai plus du tout envie de croiser même de loin. Ca fait sept années. Je me rends compte que je ne savais rien. Je me rends compte que ce que je voulais n’était qu’un amas de fantasmes et de fantaisies fantasques. J’étais une adolescente normale qui faisait les tests de Jeune & Jolie en Prépa pour savoir si j’allais enfin rencontrer l’amour. Je me rends compte aussi que les larmes que j’ai versées et les douleurs que je ressentais dans les feux de l’amour étaient fausses et inutiles.
Je ne sais pas ce que je veux. Mais je sais ce que je ne veux plus. Ces dernières semaines, je pensais vouloir d’un peu de McSex. Quick and dirty. Finalement, non. Mon corps (et ce que je peux faire avec) reste un privilège précieux. Et puis, merde, je suis une fille intelligente, drôle, déjantée, cultivée et geek qui mérite d’avoir son équivalent masculin. Et puis, si ce n’est pas le cas, tant pis.
Je pensais que je voulais être Anna Karenine et mourir d’amour pour un homme. Elle était simplement une femme malheureuse dans sa vie familiale qu’elle ne parvenait pas à assumer. Elle pensait trouver en Vronsky celui qui la sauverait de sa vie ratée. Il l’aimait, elle ne s’aimait pas. Elle aurait du consulter. Plus sérieusement, j’ai enfin compris que l’amour véritable ne se trouvait pas dans la souffrance, ni le manque, ni le désir insoutenable, mais dans une entente simple, facile et douce. Et si ça doit être un jeu, chacun doit en connaître naturellement les règles sans que l’un ait à expliquer à l’autre de quoi il s’agit.
PS : Ceci mon 199e texte.
Ok, je théorise, et pratique peu. Il faut bien s’occuper en attendant. Et puis je dois tourner mon disque.
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mercredi, 09 septembre 2009
Où il est question de pas grand chose, comme toujours
23h33. Los Angeles, la terre tremble.
L’avenir est si incertain. On peut être prié de partir de son poste. On peut continuer à chercher dans cette grande ville l’amour, ou du sexe. On peut aussi juste vouloir continuer à rire. On peut simplement s’évertuer à vouloir revivre son passé. Parce que regarder devant soi, c’est parfois douloureux, c’est parfois inutile puisqu’il n’y a rien. On ferme juste les yeux. Ou du moins, on tente. De chez moi je vois deux étoiles et la lune. Tout est une question de perspective. Mais ai-je la bonne ?
Je ne parvenais pas à comprendre quand PL me disait qu’il pensait toujours en fonction de moi. Et je ne comprends toujours pas. C’est que l’on ne regardait pas la même chose.
Finalement, tout est une question de timing, et il semble que je n’ai jamais eu ce bon timing avec qui que ce soit. Pourtant, j’avais dans mes bras des types bien.
Sous prétexte qu’il ne faut pas manquer sa chance, devons-nous alors nous empresser de sauter sur n’importe quelle petite occasion qui s’offre à nous ? Les mois passent. Ma situation est la même qu’elle était il y a cinq ans. Et d’ailleurs, je suis effrayamment la même, en plus trash, en plus riche, en plus grande, en plus cynique, en plus corrosive, en plus parisienne. Je suis toujours aussi maladroite quand il s’agit de garçons. J’ai l’impression d’avoir encore 19 ans.
Entre celui qui m’avouait le premier soir qu’il y « a quelque chose entre nous », celui qui en a après mon anus et l’autre qui « a envie de moi » pour un remake de Star Wars, je préfère simplement fermer les yeux et continuer ma petite vie de bretonne expatriée à Paris, musées le dimanche, restaurants et bars en semaine, shopping le samedi. Je m’occupe l’esprit et tente d’être le moins possible chez moi, comme si dehors, être seule était moins difficile à supporter que d’être en tête à tête avec soi même dans son petit studio. Comme si, quand on est dehors, on partageait quelque chose avec les autres. Parce que c’est entre soi et soi chez soi.
Je ne cesse de penser « s’il m’arrivait quelque chose chez moi, si je tombais dans la salle de bain, morte, personne ne s’en rendrait compte, mis à part mes collègues, et encore… ». Mes parents et mes amis m’appellent très peu souvent et quand ça arrive, je ne réponds pas à chaque fois. Je pourrais donc agoniser pendant deux jours, le temps de mourir seule sur le carrelage froid de ma salle de bain minuscule. Et la vie continuerait malgré cela, moi en moins. Ce qui était rassurant, quand j’étais dans une vraie relation avec un garçon qui m’aimait, c’est que ce genre de chose ne pouvait pas arriver. Et quand bien même cela arriverait, je serais morte sur mon carrelage en me disant qu’il pensait à moi et que finalement, je ne suis pas morte, vraiment seule, mais qu’il était la, un peu. Ce n’est pas le sexe, ni le quotidien qui me manquent, mais juste ce sentiment bien caché qu’au fond, on n’est jamais seul quand quelqu’un partage notre vie, quand quelqu’un pense à soi un peu chaque minute. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’amour, mais de quelque chose d’autre. Que je ne parviens toujours pas à enfermer dans un mot, une définition.
En attendant de déterminer tout ça, il va falloir aller travailler demain, et tenter d’occuper les deux jours qui constituent un week-end histoire d’avoir l’impression de faire quelque chose de sa vie et de se dire, quand on finira froid sur son carrelage, que tout ça n’a pas été vain, et qu’au fond, on avait raison quand on clamait qu’on avait besoin de personne…
00:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note





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