samedi, 12 décembre 2009

Nous les écorchés.

J’attends le sommeil, comme j’attendrais la mort. Les années apportent l’indifférence. Celle que décrit si bien Houellebecq. L’indifférence à son propre sort. Je ne sais pas si c’est ça, la maturité : relativiser par rapport à tout, jusqu’à ce que l’indifférence tue les larmes et le chagrin, et puis la possibilité du bonheur, la perspective d’un futur. 23h56. J’étais allongée, sur mon lit, regardant les ombres sur le plafond, la lumière ocre et pale de la pièce, me disant comme tous les soirs « il ne fait jamais nuit à Paris, le ciel est gris et ocre, pourtant, il est minuit, bientôt ».

Je passe mes soirées seule et je m’en fiche. Parce que finalement, je reste libre, loin de cette prison que l’on appelle l’amour et de l’autre moins connue que l’on appelle l’amitié. Et puis si je meurs seule, agonisant sur le carrelage froid de ma salle de bain, tant pis. Est-ce une tragédie de mourir seule ? Surement moins que celle de vivre seule.

Ma mère disait toujours : « il est mort comme il a vécu ». Je ne sais si l’on a la mort que l’on mérite vraiment, ni la vie que l’on mérite vraiment. Est-ce que l’amour n’est qu’un moyen facile de se sentir vivant ? Si c’est ça, alors pourquoi est-ce que je mets tant d’efforts à le fuir ? Est-ce que ce que je suis est irréversible ? Toutes ces expériences vécues, ces larmes, ces garçons que je pensais aimer, ces amis que je pensais présents, à quoi cela à servi si je me sens malgré tout cela si désemparée, si vide, comme si j’étais à deux doigts de mourir sans le pouvoir. Certes, je comprends davantage de choses, sur les autres, sur moi et j’arpente les moindres recoins de mon âme (sans sœur) avec le silence et la musique, celle qui peine de plus en plus à faire danser ma vie. J’ai tout jeté, les photos que j’avais de lui, la paire de chaussettes qu’il avait laissé et le cadeau qu’il m’avait fait git sur l’armoire de la chambre de mes parents. Je lui ai tout rendu, la multitude de cadeaux même ceux que j’aimais vraiment, et j’ai jeté ses affaires. Et chez moi, il ne reste plus rien d’eux. Plus un souvenir. Et ceux qui restent dans ma mémoire disparaissent progressivement avec le temps et l’alcool et avec toute la volonté inconsciente que j’y mets pour effacer ces moments. Et je tente de toutes mes forces de m’endormir pour que le temps passe plus vite, pour que demain arrive en espérant que la vie me réserve quelque chose de doux et agréable, et pour que ces souvenirs si pénibles disparaissent, car quoi de pire que de regarder hier quand aujourd’hui est si morne et vide, quoi de pire quand hier était si intense. La vie un jour aura ma mort.

Konamav, votre amie du Week End

samedi, 05 décembre 2009

Game's Over

C’est vraiment trop difficile quand on ne sait plus quoi faire, ni vers qui se tourner. Il n’y a plus rien à espérer, plus de désirs, plus de souffrance insoutenable, plus rien qui nous pique à la vie, c’est la seule chose raisonnable à envisager. 20h48 un sadi soir, et ce n’est pourtant pas la fin du monde. Mais celle de ma bouteille de whisky. Je me suis construit une prison, sans fenêtre, sans porte. J’ai les mêmes craintes qu’une vieille de 80 ans qui vit à Paris dans un studio miteux, qui a peur de ne pas passer l’hiver, et l’été venu, de mourir de déshydratation. J’ai 26 ans et je suis l’équivalent féminin des héros de Michel Houellebecq.Et comme eux, je mourrai seule, puisqu'au fond, c'est ce que j'ai voulu (dixit ma thérapeute).

*****

Je ne suis pas celle pour qui on se soucit

Je ne suis pas celle que l'on aime pour ce qu'elle est

Je ne suis pas celle que l'on a envie de réconforter

Je ne suis pas celle avec qui l'on a envie de sortir

Je suis la fille un peu déjantée

Je suis la fille avec qui on aime bien rire

Je suis celle qui ne reste qu'un objet sexuel pour petits bourgeois

Au fond, je ne suis pas celle que l'on croit que je suis

Ni celle que je dis que je suis

Goodbye.

lundi, 16 novembre 2009

Où il est question de reprise (pas économique)

23h42.

En partant du travail ce soir, j'ai pensé à l'ininterêt de ma vie, à la routine que je me suis instaurée après la fin de ma relation avec PL. Une routine pratique, réconfortante, et un comportement et un état d'esprit basé sur l'autosuffisance. Je n'ai pas de raisons d'être malheureuse. D'ailleurs, je n'en avais pas avant, je n'en avais pas même lorsque j'écrivais ces textes sombres qui relataient mon mal-être. PL était surement une excuse. Aujourd'hui, je n'en ai plus. Et je me sens vide. Je me sens vide parce que je ne me sens pas mal et surtout parce que je vois aujourd'hui que je n'ai pas de raison d'être malheureuse (et que je n'en avais pas ces dernières années).

Oui, j'ai un CDI, avec tous les avantages qui vont avec car je travaille dans une grosse boite. J'ai des chèques vacances, des tickets de cinéma à 4 euros, un PEE abondé à XXX% (oui, 3 chiffres), des congés payés, des RTT (peu, car je suis sous une des pires conventions collectives), une participation, une prime repas, un téléphone et un ordinateur portable fournis par ma boite et avec mon salaire je peux me payer des Jimmy Choo (et pas celles de la collection H&M). J'ai un appartement refait à neuf avec un loyer "normal" bien situé. J'ai peu d'amis mais de qualité un peu partout en France. Je suis capable d'aller au cinéma et au musée seule pour me cultiver et me distraire. Je lis des journaux, des romans, je regarde beaucoup de films, j'écris, je me suis remise à la guitare et je prends soin de moi. Tout n'est pas parfait. Je n'aime pas mon boulot et je n'ai pas de vie sociale en semaine, quelques soient le nombre d'heures que je travaille dans la journée. D'ailleurs ma vie sociale se résume à boire un verre un soir le week end de temps en temps avec mes amis, faire mes courses au Franprix et être polie avec le chauffeur du bus et le marchand de journaux. Je téléphone régulièrement à mes parents et à Stef, qui vivent en Bretagne.

Alors, pourquoi je suis dans un tel état ? Serait-ce ma Dunhill ou le verre de Whisky que je suis en train de boire ? Ah, oui, c'est vrai, j'avais presqu'oublié que malgré ma "réussite", je ne parviens pas à m'en satisfaire. Ce qui est bien puisque c'est mon ambition et mon perfectionisme qui m'ont menés la où je suis aujourd'hui.

Et ce que je n'ai pas aujourd'hui, c'est une vie sentimentale. Pourtant, je n'en veux pas. Parce que je n'en ai pas vraiment le désir et parce que je suis complètement effrayée de rater, d'être la mauvaise petite amie que j'ai toujours été et que je ne veux plus l'être, parce que j'ai peur de prendre des risques, en particulier, le risque de souffrir si je m'investis ou me donne dans une relation. Je ne veux plus donner et je n'arrive pas à recevoir. Je suis inaccessible. Et suis attirée par l'inaccessible aussi. Les différentes discussions que j'ai eu avec Aspho et Jaune, puis avec le Marseillais et Laurence m'ont reveillées de cet état léthargique et indifférent dans lequel j'étais ces derniers mois. Je n'attends rien de la vie, ni d'il, ni des autres. De moi si. J'ai arrêté d'attendre. Donc d'espérer, en quelque sorte. Et je suis dans cet état, depuis quelques jours. J'ai envie de vomir tout ça, ces larmes de colère, ce bouillonnement d'impatience, ces cris d'agacement, mais ça ne vient pas. Je ne vomis même plus quand j'ai trop bu. Je garde tout. J'ai mal au crâne, à cause de ma cigarette, de la dizaine de chocolats que j'ai mangé, de l'alcool que je bois pour aucune raison, de "careful with that axe eugene", de la faible luminosité que j'aime tant. Je veux vouloir aimer, surement parce qu'il s'agit d'un comportement social normal. Mais je n'y arrive pas. Et puis parfois, si je le veux, c'est pour une mauvaise raison : avoir ce que tout le monde doit vouloir avoir et vouloir.

J'ai mal au crâne et ce texte écrit en quelques minutes sera surement supprimé.

Konamav, camarade syndiquée.