lundi, 16 novembre 2009

Où il est question de reprise (pas économique)

23h42.

En partant du travail ce soir, j'ai pensé à l'ininterêt de ma vie, à la routine que je me suis instaurée après la fin de ma relation avec PL. Une routine pratique, réconfortante, et un comportement et un état d'esprit basé sur l'autosuffisance. Je n'ai pas de raisons d'être malheureuse. D'ailleurs, je n'en avais pas avant, je n'en avais pas même lorsque j'écrivais ces textes sombres qui relataient mon mal-être. PL était surement une excuse. Aujourd'hui, je n'en ai plus. Et je me sens vide. Je me sens vide parce que je ne me sens pas mal et surtout parce que je vois aujourd'hui que je n'ai pas de raison d'être malheureuse (et que je n'en avais pas ces dernières années).

Oui, j'ai un CDI, avec tous les avantages qui vont avec car je travaille dans une grosse boite. J'ai des chèques vacances, des tickets de cinéma à 4 euros, un PEE abondé à XXX% (oui, 3 chiffres), des congés payés, des RTT (peu, car je suis sous une des pires conventions collectives), une participation, une prime repas, un téléphone et un ordinateur portable fournis par ma boite et avec mon salaire je peux me payer des Jimmy Choo (et pas celles de la collection H&M). J'ai un appartement refait à neuf avec un loyer "normal" bien situé. J'ai peu d'amis mais de qualité un peu partout en France. Je suis capable d'aller au cinéma et au musée seule pour me cultiver et me distraire. Je lis des journaux, des romans, je regarde beaucoup de films, j'écris, je me suis remise à la guitare et je prends soin de moi. Tout n'est pas parfait. Je n'aime pas mon boulot et je n'ai pas de vie sociale en semaine, quelques soient le nombre d'heures que je travaille dans la journée. D'ailleurs ma vie sociale se résume à boire un verre un soir le week end de temps en temps avec mes amis, faire mes courses au Franprix et être polie avec le chauffeur du bus et le marchand de journaux. Je téléphone régulièrement à mes parents et à Stef, qui vivent en Bretagne.

Alors, pourquoi je suis dans un tel état ? Serait-ce ma Dunhill ou le verre de Whisky que je suis en train de boire ? Ah, oui, c'est vrai, j'avais presqu'oublié que malgré ma "réussite", je ne parviens pas à m'en satisfaire. Ce qui est bien puisque c'est mon ambition et mon perfectionisme qui m'ont menés la où je suis aujourd'hui.

Et ce que je n'ai pas aujourd'hui, c'est une vie sentimentale. Pourtant, je n'en veux pas. Parce que je n'en ai pas vraiment le désir et parce que je suis complètement effrayée de rater, d'être la mauvaise petite amie que j'ai toujours été et que je ne veux plus l'être, parce que j'ai peur de prendre des risques, en particulier, le risque de souffrir si je m'investis ou me donne dans une relation. Je ne veux plus donner et je n'arrive pas à recevoir. Je suis inaccessible. Et suis attirée par l'inaccessible aussi. Les différentes discussions que j'ai eu avec Aspho et Jaune, puis avec le Marseillais et Laurence m'ont reveillées de cet état léthargique et indifférent dans lequel j'étais ces derniers mois. Je n'attends rien de la vie, ni d'il, ni des autres. De moi si. J'ai arrêté d'attendre. Donc d'espérer, en quelque sorte. Et je suis dans cet état, depuis quelques jours. J'ai envie de vomir tout ça, ces larmes de colère, ce bouillonnement d'impatience, ces cris d'agacement, mais ça ne vient pas. Je ne vomis même plus quand j'ai trop bu. Je garde tout. J'ai mal au crâne, à cause de ma cigarette, de la dizaine de chocolats que j'ai mangé, de l'alcool que je bois pour aucune raison, de "careful with that axe eugene", de la faible luminosité que j'aime tant. Je veux vouloir aimer, surement parce qu'il s'agit d'un comportement social normal. Mais je n'y arrive pas. Et puis parfois, si je le veux, c'est pour une mauvaise raison : avoir ce que tout le monde doit vouloir avoir et vouloir.

J'ai mal au crâne et ce texte écrit en quelques minutes sera surement supprimé.

Konamav, camarade syndiquée.

mercredi, 04 novembre 2009

Où il est question de rhinocéros

Môrdi matin, le trajet vers ma banlieue chic était plutôt pénible. Moi qui d’habitude marche en mode parisienne, j’ai plutôt mis le pied sur le frein. Normal, je baignais dans ma sueur. Mais je ne me suis pas évanouie ce qui tient du miracle sachant que j’ai passé une heure debout dans le RER/métro. Ce qui m’a permis de tenir le coup, c’était ce type qui a mis 20 minutes à rouler son joint devant des bourgeoises qui tapotaient des emails pour Chanel sur leur Blackberry. Arrivée au travail, et aussitôt repartie : comme je ne savais pas ce dont je souffrais, par principe de précaution et puisqu’il y a des femmes enceintes. Bref, arrêt maladie de trois jours.

Le premier, j’ai réussi à m’endormir en riant devant un journal, puis j’ai commandé 2 burgers que je n’ai finalement pas touchés en regardant M6 (qui nous apprend comment customiser un t-shirt avec la photo du petit Côme). Après 12 heures de faux sommeil, jour numéro 2 commence. Je dois manger puis attendre 16h pour aller déposer mes feuilles d’arrêt maladie à la CPAM et chez mon employeur (j’ai osé porter le jeans mais avec mes escarpins, ma corpo-rébellion ayant des limites et puisque je vais bientôt faire partie d’une liste d’un syndicat, faut que je me la joue corpo-engagée-modèle). Par ce temps de fièvre et souffrant d’une incapacité à l’inaction et l’inactivité, j’ai fini par aller m’acheter une jupe aux Galeries Lafayette (j’ai eu une vague de sueur en calculant 40% de 75 euros, résultat, je n’ai pas réussi), parce que j’avais besoin d’un pull. En ce jour numéro 2, j’ai pu me faire à manger. C’est soir de football. C’est soir de fête donc. Mais le chocolat noir (même le Monbana) a failli m’achever. Je conseille donc les Pyrénéens, les chances de garder son repas sont plus grandes qu’avec un carré de chocolat noir de la marque Mayennaise. Peut être que tout est lié.

Ceci dit, en temps de maladie donc de flemme et de faiblesse (physique), un homme à la maison ne serait pas entièrement superflu. Les aspects pratiques de l’homme à la maison sont significatifs mais lorsque la santé est meilleure, comment se débarrasser de l’homme à la maison, puisqu’il devient inutile ?

Plus sérieusement et à 37,8, mon célibat qui est réellement un choix à 99% ne me pèse pas et c’est ce qui m’inquiète. L’idée de renouer avec les affres de l’amour ne me séduit plus. Comme je suis une bien piètre petite amie, c’est plutôt une décision salvatrice pour la société, les éventuels (mais improbables) petits amis, et aussi pour moi-même : « le célibat, oui, mais pour la vie ! »

Comme beaucoup de geeks, je ne sais pas séduire (ou alors je suis indécemment à l’aise avec les garçons qui ne me plaisent pas du tout). La preuve, le week end dernier à un anniversaire, j’ai discuté avec un garçon petit, chauve et marseillais. La discussion est devenue intéressante quand nous avons parlé de livres. Certes j’ai confondu Uhlman et Joffo, mais pour ma défonce, je n’avais pas encore décuvé de la veille et j’avais encore beaucoup bu et fumé sans avoir mangé. J’ai fini par lui donner mon numéro. Et si vous voulez savoir, il n’a pas rappelé. Et qu’il soit petit chauve marseillais ou grand avec une pilosité normale et breton, ça m’est absolument complètement égal. Tout comme mes il#1 et il#2 qui font les morts. J’avoue que je ne fais aucun pas en avant, ni prétends en faire. Je ne réagirais que face à un stimulus. Je reste sur ma position « si on me veut, on vient me chercher ». Fini les sites de rencontres. Et comme dirait Jean Michel Larqué « il n’y avait aucun intérêt à venir le tacler, ils étaient à 4 contre un ».

mardi, 27 octobre 2009

Extension du domaine de la loose

Mes mésaventures corporate sont encore loin d’être terminées. Après ce long combat, j’ai eu ce que je voulais : Paris. Malgré ce métier que je n’aime pas, au moins 50 heures hebdomadaires à trimer pour un salaire minable, je rentre chez moi avec le sourire même si personne ne m’y attend. C’est peut être pour cela alors, que je souris.

 

 

Une conversation inter-bureaux ou « Comment dire à un garçon qui est intéressé que l’on ne l’est pas, sans le blesser »

Etant célibataire depuis toujours, je comprends tout de même qu’une fille puisse être émoustillée par l’idée qu’un garçon la trouve séduisante, que le garçon lui plaise ou non. Je conçois également qu’il est dangereux de ne pas être clair ou encore pire d’être ambiguë. Mais que faire et surtout que dire lorsque l’on n’est sur de rien ? Plusieurs scénarios tirés de mon imagination (et seulement de mon imagination et aussi celle de quelques autres) :

 

Plot 1 : Elle pense que il#1 est attiré par elle. Ils ne se sont parlé que quelques fois lors d’une ou deux soirées et d’un repas (qui ressemblait toutefois à une date). Ce qui lui fait penser cela, c’est qu’il#1 tente de la joindre régulièrement et à chaque fois qu’il la voit, il ne rate pas une occasion pour la complimenter sur ses tenues. Elle trouve cette flatterie agréable mais cela ne la séduit en aucun cas. Bref, elle se contente de répondre à ses invitations sans pour autant avoir l’impression de lui faire du rentre-dedans direct ou inconscient. Elle n’a pour lui aucune attirance. Est-ce nécessaire de lui dire afin d’éviter de faire perdre son temps à il#1 et de lui éviter des petites désillusions inutiles ? La réponse est sans appel : Oui, certainement ! Mais comment ? Voici ce que conseillerait une amie « si tu ne veux pas qu’il se fasse des idées, fais lui comprendre clairement ». Est-ce que cela veut dire :

« Bonjour Il#1, comment vas-tu ?

- Bien, et toi ?

- Bien, merci. Ah, au fait, bon, je ne sais pas si tu es franchement intéressée par moi (par mon anus ou mon hymen) mais je préfère te dire tout de suite, hein, que moi, je ne suis pas intéressée par toi. Voila ».

L’amie dirait alors que cette solution est vraiment ridicule et qu’un « Je ne me sens pas encore prête pour une nouvelle relation car j’ai été tellement déçue par la dernière » est plus professionnel et adapté.

Un deuxième avis masculin est donc de rigueur et pense que l’excuse du passé douloureux est « gamin » et que Il#1 se sentira comparé et franchement rejeté. L’avis masculin conseille donc l’honnêteté : elle doit dire qu’elle n’a pas envie de s’engager de nouveau dans une relation. Il#1 comprendra de lui-même qu’il s’agit de lui-même.

 

Plot 2 : Il#2 a officiellement déclaré qu’il n’était pas intéressé sentimentalement par elle mais qu’il l’était sexuellement. Pourtant, cela fait quelques mois que il#2 tente de la joindre régulièrement et à chaque fois qu’il la voit, il ne rate pas une occasion pour faire allusion à une partie de son anatomie. Il s’intéresse vaguement à sa vie et à elle et on dirait qu’elle porte le même intérêt pour lui : une indifférence passive. Il est rarement disponible et elle trouve cette inaccessibilité agréable et cela a tendance, comme beaucoup de filles, à la séduire. Bref, elle se contente de répondre à ses invitations sans avoir l’impression de lui faire du rentre-dedans direct ou inconscient. Pourtant, il pense qu’elle est amoureuse de lui, sûrement à cause d’évènements et de messages passés, qui n’avaient pourtant pas ce but. Est-ce nécessaire de clarifier les choses afin d’éradiquer toute ambiguïté ? La réponse est sans appel : Non, certainement pas ! Voici un conseil : « il est tellement facile d’être attiré par un garçon faussement mystérieux, il faut comprendre que rien de bon ne pourra sortir de tout cela, en plus, tu as déjà connu ce genre de relation. Et tu sais qu’elle est vouée à l’échec. Jouer le jeu de l’ambiguïté est excitant mais finit par des désillusions douloureuses car on a tendance à mythifier l’autre qui cultive son inaccessibilité et son mystère. Il faut juste continuer sans il#2 ».

 

Que peut-on conclure de ces deux petites histoires fictives et banales ?

Beaucoup sont attirés par des liaisons dangereuses, leur donnant une saveur pimentée à leur morne existence. Il est donc bien difficile de trouver quelqu’un à qui on plait et qui nous plait en même temps. Combien d’histoires n’ont pas eu lieu et n’auront jamais lieu à cause du mauvais timing, à cause de fiertés mal placées ou de craintes de ce qui pourrait arriver si l’on s’investit ne serait-ce qu’un minimum. Alors, au nom de tout ça, beaucoup dirait oui à Il#1 puisqu’il est la seule option pour elle. Mais que doit-elle faire ?

Peut être que si elle attend celui qui lui plait et à qui elle plait, elle restera à jamais seule (sexuellement frustrée mais autrement heureuse, nul n'en doute) et regrettera de ne pas avoir dit oui à il#1. Ca lui est déjà arrivé.

Peut être que si elle persévère à vouloir ce qu’elle veut, elle en sera fière même si ce mythe était bien un mythe et une fausse promesse qu’elle s’était imaginée toute seule. Ca lui est déjà arrivé.

Pour en revenir à la question, voici une réponse concrète et pleine de sens : rien. On ne peut rien en conclure. Et comme dirait Fanchie « je n’ai pas d’avis ».

 

C’était en direct de sous ma couverture polaire que Dieu n'a surement pas créée.

Konamav, un mouton corporate, certes, mais libre et indépendant.