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mercredi, 19 mars 2014

How to disappear completely

J'ai toujours trouvé plus difficile de trouver un appartement en location à Paris, qu'un travail. Je pensais qu'étant donné ma non situation professionnelle, la tendance pourrait s'inverser, et qu'en 1 semaine ou 2, je trouverais mon bonheur locatif. Mais non. 

Etant complètement disponible à n'importe quelle heure (je suis venue pour cette grande cause anyway), j'ai pu visiter 7 appartements en 1 semaine et j'en ai 3 autres dans les prochaines 48 heures, ce qui reste un score honorable à Paris. 

Ils se ressemblent tous, ces deux pièces en enfilade. Ils sont même au même étage ou à peu près, même exposition, même type d'immeuble. Ils sont tous visités par le même type d'étudiants/couple d'étudiants parisiens bourgeois dont le dossier sera forcément accepté puisque "excellents garants". Seul le lieu change : Lamarck, Faubourg St Antoine, Voltaire, Olympiades, Vincennes. 

Il me faut donc ravaler ma fierté lors des visites, parfois justifier ma lose sociale : "ah... vous êtes au chômage. Bah, vous retrouverez rapidement à Paris, hein. Enfin, c'est dommage, j'avais un appartement très bien mais au niveau du loyer, ça ne passerait pas. Si vous travailliez...". 

Tout comme le boulot, j'ai envie de baisser les bras, de rentrer dans le sud et continuer mes journées à faire de la musique, un peu de sport et profiter pleinement de ma période de régression en regardant Dawson's Creek (en VO quand même), tout en me disant "c'était mieux avant". 

I'm not here, this isn't happening

mercredi, 05 mars 2014

And no one sings me lullabies

Je ne sais plus pourquoi j'ai voulu partir de Paris. J'ai déjà oublié la puanteur du métro, ma minuscule cuisine, ma chambre/salon/bureau/salle à manger, ma salle de bain de la taille d'un WC. En province, je suis, comme je le prévoyais, devenue feignante : terminé la bonne époque où je marchais au moins 30 minutes par jour au pas de course, à monter les escaliers, où je portais mes courses à bout de bras et où j'allais courir dans ces lieux qui ont fait galopé mon imagination. Je me suis adaptée à mon environnement. J'ai adopté la tenue de province, mes Converse et mon jean ne m'ont pas quitté. Et j'ai fait des économies sur le maquillage, pourtant, je n'en suis pas friande.  

Cette année sabbatique est difficile. Peut être parce qu'elle n'est toujours pas terminée. 

Et puis parce qu'elle confirme mon éternelle insatisfaction, mon envie insatiable d'être ce que je rêve d'être. A la différence qu'ici, j'ai du perdre mon envie ou mes rêves pendant le déménagement, ou bien alors ils ont fondu sous la douceur du climat. Tout à foutu le camp, j'avoue, c'est la merde. 

Je me suis endormie. J'ai lentement fermé les yeux, j'étais fatiguée, lassée de mon travail, de cette vie parisienne. Et je me réveille, aujourd'hui, presqu'une année après avoir tout abandonné, mon appartement à Reuilly-Diderot, mon travail, mes habitudes, mon confort, mon indépendance. Il ne me reste plus rien. Je suis vide. Je n'ai plus aucune rage en moi, aucune colère. Rien. Je n'ai pas non plus plein de projets d'avenir, ni d'envies, ni de plan et encore moins l'excitation de vivre. Peut être un peu d'ennui. Des regrets. 

J'espère qu'un jour, je regarderais derrière moi et considérerais cette période comme étant celle qui m'a permis de changer, de faire ce que j'ai vraiment envie de faire, comme étant cette fameuse période difficile que beaucoup d'individus connaissent. Pour l'instant, vu d'ici, ça me parait être juste le cercueil de regrets que je me suis patiemment construit, enterré dans mes mauvais choix. 

Et vu d'ici, le seul moyen d'y échapper, c'est d'abandonner les armes et de déserter le champ de bataille. Je crois que j'ai déjà commencé à fuir. Espérons que je ne coure pas suffisamment vite et qu'on me rattrapera.