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Live from the Grave

or maybe life?

Or maybe the title has nothing to do with what is about to follow. 

Or maybe there is a deep meaning in it? 

さあ。。。

Je viens de terminer la relecture de tous les courriers (je dis bien courriers, ces morceaux de papiers sur lesquels des mots sont écrits manuellement avec de vrais stylos, parfois plume, envoyés dans une enveloppe sur laquelle un timbre a été léché et apposé dessus puis postée, littéralement, dans une boite aux lettres jaune situées dans la rue) reçus depuis la fin du lycée et que j'avais précieusement gardés et, qu'à notre ère, en plus de céder à mes impulsions de conservation, bien scannés.

Bien que ceux de mes parents ou oncles et tantes m'ont bien fait sourire, les plus intéressants étaient bien évidemment ceux provenant de mes amis, du lycée. Et 25 ans plus tard, relire cette correspondance qui s'était étalée sur trois années pour certains, me ramène à ces années folles. Plusieurs choses vinrent marquer ces années post-bac qui m'éloignèrent définitivement de certaines personnes qui me furent si estimées pourtant. 

Numéro un : la découverte de l'alcool et du sexe et mon apparente obsession pour les deux. 

Numéro deux : La rupture avec une amie pour laquelle je n'ai pas pris parti. 

Numéro trois : La vie et l'éloignement géographique qui ont fait leur oeuvre et ont défait ces amitiés aussi intenses que moi.

Ce qui me frustre le plus : ne plus savoir ce que j'ai écris à ces amis. Mais aurais-je réellement l'envie de me relire ? 

Me replonger dans ces échanges épistolaires assez longs ne m'a pas redonné envie de reprendre ces amitiés où elles en étaient. J'aimerais bien seulement les remercier d'avoir pris le temps de m'écrire, de leur dire qu'ils ont tellement compté pour moi à cette époque et qu'ils ne seront jamais oubliés, d'autant plus qu'ils sont désormais scannés et conservés sur mon Cloud bien encrypté sur des serveurs suisses. 

Et puisque l'on est à ressortir les fantômes du passé, j'en ai profité aussi pour compiler et relire l'ensemble de mes chansons et poèmes écrits depuis le collège, une majorité étant composée au lycée et en prépa. Voici une liste de sujets récurrents qui en ressort :

Numéro un : ma relation mourante avec la religion catholique, en particulier Dieu

Numéro deux : le rejet, justement justifié, de the mother

Numéro trois : ma fascination pour la mort

Numéro quatre : ma peur de ne jamais trouver l'amour 

Je continuais sur ma lancée et finissais en apothéose sur les notes de ce blog, celles que j'ai supprimées, celles de 2005 à 2012. Elles reposent désormais dans un fichier .md. Je n'ai eu le courage que de les parcourir en diagonales (oui, diagonales) lorsque je les copiais méticuleusement, mais après ce premier survol, voici ce que je retiens : 

Numéro un : les innombrables fautes d'orthographes et de grammaire

Numéro deux : j'écrivais vraiment sans retenue et sans filtre ce qui devait être très difficile pour certaines personnes proches de moi. Et, après toutes ces années, ça l'est devenu aussi pour moi. 

Ces écrits directement puisés dans mon coeur et mon foie, publiés, c'était comme si je me déshabillais, pour le plus grand plaisir de... personne. Toujours est-il que j'ai probablement montré toutes mes cachettes et même donné la clé et le plan de mon âme aux passants et je continue. D'une certaine façon et de façon certaine, c'était (et c'est toujours) mon moyen d'exister aux yeux d'un monde inconnu et surement imaginaire, de dramatiser une vie fade et finalement banale, une tentative de me prouver que je mérite une part, un rôle dans les méandres du monde. 

On pourrait penser qu'à la lumière de cette prise de conscience, j'allais donc m'arrêter de nourrir ce blog, mais une force incontrollable me ramène toujours ici. Il m'arrive parfois de regretter ma rupture avec l'alcool spleenesque, car j'ai la conviction que mon "talent" s'y sent bien et s'y développe, mais qu'importe, c'est plus qu'un soulagement, c'est un plaisir, c'est mon amour de jeunesse, c'est ma mission que de pondre mes pensées sur la toile. 

Je ne sais pas si j'ai grandi depuis toutes ces années, mais je n'ai qu'une certitude : celle que je vais mourrir. 

One of these days, I'm going to... 

 


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