mardi, 27 octobre 2009

Extension du domaine de la loose

Mes mésaventures corporate sont encore loin d’être terminées. Après ce long combat, j’ai eu ce que je voulais : Paris. Malgré ce métier que je n’aime pas, au moins 50 heures hebdomadaires à trimer pour un salaire minable, je rentre chez moi avec le sourire même si personne ne m’y attend. C’est peut être pour cela alors, que je souris.

 

 

Une conversation inter-bureaux ou « Comment dire à un garçon qui est intéressé que l’on ne l’est pas, sans le blesser »

Etant célibataire depuis toujours, je comprends tout de même qu’une fille puisse être émoustillée par l’idée qu’un garçon la trouve séduisante, que le garçon lui plaise ou non. Je conçois également qu’il est dangereux de ne pas être clair ou encore pire d’être ambiguë. Mais que faire et surtout que dire lorsque l’on n’est sur de rien ? Plusieurs scénarios tirés de mon imagination (et seulement de mon imagination et aussi celle de quelques autres) :

 

Plot 1 : Elle pense que il#1 est attiré par elle. Ils ne se sont parlé que quelques fois lors d’une ou deux soirées et d’un repas (qui ressemblait toutefois à une date). Ce qui lui fait penser cela, c’est qu’il#1 tente de la joindre régulièrement et à chaque fois qu’il la voit, il ne rate pas une occasion pour la complimenter sur ses tenues. Elle trouve cette flatterie agréable mais cela ne la séduit en aucun cas. Bref, elle se contente de répondre à ses invitations sans pour autant avoir l’impression de lui faire du rentre-dedans direct ou inconscient. Elle n’a pour lui aucune attirance. Est-ce nécessaire de lui dire afin d’éviter de faire perdre son temps à il#1 et de lui éviter des petites désillusions inutiles ? La réponse est sans appel : Oui, certainement ! Mais comment ? Voici ce que conseillerait une amie « si tu ne veux pas qu’il se fasse des idées, fais lui comprendre clairement ». Est-ce que cela veut dire :

« Bonjour Il#1, comment vas-tu ?

- Bien, et toi ?

- Bien, merci. Ah, au fait, bon, je ne sais pas si tu es franchement intéressée par moi (par mon anus ou mon hymen) mais je préfère te dire tout de suite, hein, que moi, je ne suis pas intéressée par toi. Voila ».

L’amie dirait alors que cette solution est vraiment ridicule et qu’un « Je ne me sens pas encore prête pour une nouvelle relation car j’ai été tellement déçue par la dernière » est plus professionnel et adapté.

Un deuxième avis masculin est donc de rigueur et pense que l’excuse du passé douloureux est « gamin » et que Il#1 se sentira comparé et franchement rejeté. L’avis masculin conseille donc l’honnêteté : elle doit dire qu’elle n’a pas envie de s’engager de nouveau dans une relation. Il#1 comprendra de lui-même qu’il s’agit de lui-même.

 

Plot 2 : Il#2 a officiellement déclaré qu’il n’était pas intéressé sentimentalement par elle mais qu’il l’était sexuellement. Pourtant, cela fait quelques mois que il#2 tente de la joindre régulièrement et à chaque fois qu’il la voit, il ne rate pas une occasion pour faire allusion à une partie de son anatomie. Il s’intéresse vaguement à sa vie et à elle et on dirait qu’elle porte le même intérêt pour lui : une indifférence passive. Il est rarement disponible et elle trouve cette inaccessibilité agréable et cela a tendance, comme beaucoup de filles, à la séduire. Bref, elle se contente de répondre à ses invitations sans avoir l’impression de lui faire du rentre-dedans direct ou inconscient. Pourtant, il pense qu’elle est amoureuse de lui, sûrement à cause d’évènements et de messages passés, qui n’avaient pourtant pas ce but. Est-ce nécessaire de clarifier les choses afin d’éradiquer toute ambiguïté ? La réponse est sans appel : Non, certainement pas ! Voici un conseil : « il est tellement facile d’être attiré par un garçon faussement mystérieux, il faut comprendre que rien de bon ne pourra sortir de tout cela, en plus, tu as déjà connu ce genre de relation. Et tu sais qu’elle est vouée à l’échec. Jouer le jeu de l’ambiguïté est excitant mais finit par des désillusions douloureuses car on a tendance à mythifier l’autre qui cultive son inaccessibilité et son mystère. Il faut juste continuer sans il#2 ».

 

Que peut-on conclure de ces deux petites histoires fictives et banales ?

Beaucoup sont attirés par des liaisons dangereuses, leur donnant une saveur pimentée à leur morne existence. Il est donc bien difficile de trouver quelqu’un à qui on plait et qui nous plait en même temps. Combien d’histoires n’ont pas eu lieu et n’auront jamais lieu à cause du mauvais timing, à cause de fiertés mal placées ou de craintes de ce qui pourrait arriver si l’on s’investit ne serait-ce qu’un minimum. Alors, au nom de tout ça, beaucoup dirait oui à Il#1 puisqu’il est la seule option pour elle. Mais que doit-elle faire ?

Peut être que si elle attend celui qui lui plait et à qui elle plait, elle restera à jamais seule (sexuellement frustrée mais autrement heureuse, nul n'en doute) et regrettera de ne pas avoir dit oui à il#1. Ca lui est déjà arrivé.

Peut être que si elle persévère à vouloir ce qu’elle veut, elle en sera fière même si ce mythe était bien un mythe et une fausse promesse qu’elle s’était imaginée toute seule. Ca lui est déjà arrivé.

Pour en revenir à la question, voici une réponse concrète et pleine de sens : rien. On ne peut rien en conclure. Et comme dirait Fanchie « je n’ai pas d’avis ».

 

C’était en direct de sous ma couverture polaire que Dieu n'a surement pas créée.

Konamav, un mouton corporate, certes, mais libre et indépendant.

jeudi, 15 octobre 2009

Où il est question de pression(s)

Voici un petit texte écrit sur mon lieu de travail :

« Bonjour, je vous appelle car mon frère m’a dit que vous aviez une guitare espagnole. Est-ce que c’est possible de la réserver ? »

C’est funky d’écouter le dernier Franz Ferdinand en open space. C’est encore plus funky d’écouter les conversations téléphoniques personnelles des « collègues » en faisant semblant d’écouter Franz Ferdinand.

C’est risqué de faire un entretien téléphonique pour un poste dans le hall d'un cinéma, avant la séance de 17h50. C’est encore plus risqué d’imprimer son badge électronique et une dizaine de CV pour un forum de recrutement dans sa corpo-entreprise actuelle.

C’est gras de manger un croissant au beurre en rédigeant des documents sur son ordinateur professionnel. C’est encore plus gras de crier « Bite » dans une soirée bobo (donc parisienne).

C’était en direct live du siège de ma corpo-entreprise à 13h25.

La Konamav Corp s’enlise mais résiste malgré son rachat.

De retour au siège de la Konamav Corp. 01h09.

Récemment, la Konamav Corp s’est vue proposer une délocalisation dans une ville de l'Est français pour une durée indéterminée. Si le comité de direction refuse la proposition qu’il est inconcevable de refuser, la fin des activités corporate de l’entreprise est inéluctable. Il est vrai que la Konamav Corp songe sérieusement à se restructurer et à réorienter son business. La question est « vers où ». Une délocalisation dans l’Est signifierait que la société devrait abandonner ses projets de développement dans l’industrie musicale et du livre, sans compter ses objectifs nippons.

J’ai choisi. Je dois faire passer ma décision avec le plus de vaseline possible pour sauver mon honneur et ma carrière. Il suffit de dire « non ».

dimanche, 11 octobre 2009

Les soirées parisiennes

« Les cacahouètes, des qualités gustatives et nutritionnelles : Les cacahouètes sont en effet sources de protéines et riches en fibres. » Je remercie Benenuts pour m’apprendre, que finalement, manger des cacahouètes est bon pour ma santé.

20h10. La nuit tombe déjà trop tôt. Dredi dernier, j’ai eu un entretien. Avec deux beaux hommes sûrement à peine plus âgés que moi. J’ai totalement foiré l’entrevue, faisant preuve de nervosité parce que 1 – je n’aime pas mon métier, 2 – j’avais l’impression d’être pénétrée par le type en face de moi qui ressemblait étrangement à Jemaine Clement de Flight of the Conchords, 3 – j’étais totalement indifférente quant à l’issue de cet entretien.

Sadi midi je pars à Malakoff pour aller acheter la parfaite table basse à 30 euros. Je ne pensais pas que porter 11 kilogrammes dans le tramway et le bus et sur mes cinq étages le ventre vide m’aurait achevé… Le soir, direction Bastille pour boire des cocktails avec Aspho. Ayant atteint un taux d’alcoolémie enfin décent, nous partîmes pour aller s’incruster à la fête d’un de mes voisins, qui avait laissé un mot dans toutes les boites aux lettres de l’immeuble dont la mienne « J’organise une fête. Je vous prie de bien vouloir nous excuser pour la gêne qui pourrait en résulter. Vous pouvez venir vous joindre si le cœur vous en dit ». J’apportais donc la bouteille que j’avais pris le soin d’acheter la veille, la bouteille de vin blanc mousseux des Dieux (de chez Ed, 1,09 euros TTC). La soirée était remplie de pouffiasses parisiennes (pléonasme ?) vêtues de legging en motifs léopard avec le t-shirt « Mick » ou « Rock », et de futurs bons consultants en chemises / jeans levi’s : collègues d’écoles de notre hôte qui a fait une école d’ingénieur et un master dans une prestigieuse grande école de commerce parisienne. Aspho était décidée à trasher la soirée et les loosers montraient enfin le bout de leur nez pour me « séduire ». Car oui, moi, Konamav, je suis un aimant à loosers. J’ai eu le droit à une danse avec notre hôte et une carte de visite d’un insupportable consultant / chef de la SSII qu’il a monté. Je me suis reveillée en ce Gromanche, épuisée. Mais je ne pouvais dérober au traditionnel « Culture et Drague » du Gromanche. J’ai donc été à Beaubourg. Mes courbatures et moi apprécions à cet instant l’inaction.

Et demain, une nouvelle semaine, encore, à fuir et à ignorer, parce qu’il le faut. Et comment faire pour tourner la page lorsque certaines choses restent à l’état de fantasme ? Comment résister ? Fuir et ignorer ne suffit pas. Mais il le faut

dimanche, 04 octobre 2009

Où il est question de week end des Dieux

J’ai passé la semaine à ne pas répondre aux coups de fil des RH et à faire de la mise en forme PowerPoint. La soirée de Dredi dernier arrivait donc à point, je n’avais pas bu de la semaine et j’avoue, peu mangé : 5 repas, 5 jours. La pinte et le Cosmopolitain ont eu vite fait de m’achever, le reste de mon cerveau a brulé avec mes marlbos. Je me souviens juste qu’Aspho a parlé à des Suisses sans intérêt, que Jaune a arrêté de boire assez tôt, que Fanchie nous a payé sa tournée de barquettes de frites et que le tout a fini par danser dans les backrooms de la Lib’. Le lendemain, je me suis forcée à passer 40 minutes dans le RER à 13h pour aller à Vallée Village. J’ai du me retenir de vomir sur les cachemires Zadig et les robes Ventilo. Le soir, direction la banlieue Nord pour aller rendre visite à une copine de l’ESC et son garçon de deux ans. Oui, il m’a fallut deux années pour avoir le « courage » (ou l’inconscience) d’aller voir la chose. Il est inutile de préciser que toute l’attention était portée sur le gamin qui se faisait un plaisir de nous distraire par ses cris, ses caprices et son envie irrésistible de monter et descendre du canapé tout neuf déjà en piteux état. J’ai échappé de très peu à un jet de pot Petits Filous mais pas à la claque que le machin m’a réservée la seule fois où j’ai daigné le regarder et jouer avec lui. A 22h30, j’étais épuisée de l’avoir regardé, de ne pas avoir pu discuter normalement avec sa mère. Alors nous sommes parties nous noyer dans la Nuit Blanche.

Arrivée devant la projection de la vidéo de Needle Woman in Paris, j’ai aperçu la sœur du PL en train d’embrasser goulument un type, entourée de ses copines. Ces quelques secondes pendant lesquelles je l’ai vue ont fait remonter en moi tous les mauvais souvenirs et les raisons qui ont fait que j’ai mis fin à cette relation. J’avoue que j’ai éprouvé un soupçon de nostalgie, celle que l’on éprouve quand on a juste besoin d’un geste tendre d’un garçon aimant. Puis la toile sur laquelle on pouvait voir une femme au milieu d’une rue bondée s’est déchirée. Alors nous sommes parties, direction Notre Dame puis Chatelet, où nous avons fini par hasard devant Hystéria.

Une cigarette, un verre de vodka avant de divaguer sur France 2 tout en écoutant n’importe quoi et j’attaque une nouvelle semaine, la dernière ?

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