dimanche, 27 juillet 2008

La vie de la Mort

Il est 2h43 à Paris. Nova on air, fenètres ouvertes, combats de chats et bébés qui pleurent. Au fond, les voitures, les trains de marchandises, le grondement du chauffe-eau au sous-sol. Pas une étoile. Et il ne fait jamais nuit. Pourtant, cette ville dort. City gets for that matter sad.

Je n'arrive plus à écrire de chanson. Ai-je perdu cette capacité ? Je n'arrive pas à considérer ces textes comme de l'art, contrairement aux textes de mes chansons. J'ai laissé mourir ce coté la de moi, doucement. Et voici un regret de plus à ajouter à ma liste. Ce blog est peut être une thérapie. Ou bien nourrit ma folie. 

Qu'importe. 

Il m'arrive parfois d'être si narcissique je j'ai presqu'envie de publier les notes de ce blog. Ces pensées me traversent l'esprit surement à cause de la frustration que j'ai de ne pas avoir assez de talent pour percer dans la musique. J'ai des tonnes de projets. Que je remets à demain pour des tas de bonnes raisons: j'acheterai une platine lorsque j'aurai mon appartement. Et puis j'acheterai une guitare electro acoustique ensuite. Je mettrai mes belles robes lorsqu'il fera beau. Je dépenserai sans compter lorsque mon prêt sera remboursé. Je m'épilerai quand les prévisions de Météo France seront exactes. Alors, je publierai quand ? Et puis, quel interêt autre que de servir ma folie égocentrique malsaine et mauvaise ? Alors, je devrais simplement user du conditionnel. Ou vivre avec mon temps, et laisser mon coté "old school" avec mes livres. 

City eats and fades it out. C'est peut être cette ville. C'est peut être moi. Mes tonnes de projets et de "j'aimerai", conjugués au mauvais mode. 

C'est peut être ces hommes, et puis pourquoi pas cette ville, qui m'a rendu égoiste. Car oui, je le suis. Je le reconnais. Mais que fais-je pour y remédier ? Rien. J'ai été trop gentil avec lui, et lui. Et j'étais heureuse de leur donner mon amour, mon temps, mon argent, tout. Et puis ils sont partis. Et un ami m'a dit "trop bon, trop con". Et finalement, je n'étais peut être pas si heureuse dans ce don de moi. Mais le suis-je davantage dans cet égocentrisme/égoisme aigü ? 

Est-ce que cela importe ?

Chaque ville a quelque chose à apporter. T-city m'a donné une enfance heureuse, dans la campagne. Nantes m'a pris ma virginité en échange de l'alcoolisme. Rennes a simplement confirmé ce que Nantes m'avait apporté, le coté Trash/punk en plus. Berlin m'a appris à respirer et marcher à mon rythme. Et Paris ? Qu'avoir des Repetto et un sac Soco, c'est trendy ? Et mes cernes, c'est tendance aussi ? Heureusement, byTerry existe, nan ? 

Et puis merde, importe, n'importe pas, qu'est-ce que cela change ? Il est peut être temps que je change de ville ? Pourtant, je croise tellement de personnalités si fascinantes, qu'elles soient géniales ou affligeantes, quoi de mieux qu'une capitale pour croiser un réalisateur de pub, des tonnes de consultants, des graphistes, des photographes, des traducteurs, des thésards étudiants, des journalistes spécialisés dans le jeu vidéo... ? Quoi de mieux qu'une capitale pour travailler avec des Espagnoles, des Brésiliens, des Algériens, des Polonais, des Tunisiens ?

Mon sentiment pour cette ville reste flou, tout comme celui pour les relations humaines. Et pour celui que j'ai pour moi-même. Sans les mettre dans des boites et sans jugement, j'arrive parfaitement à décrire mes amis en quelques mots, s'il le faut. Elle est une personne qui connait ses limites, et a conscience de qui elle est. Il est un garçon très intelligent mais exceptionnellement emprisonné dans son univers. Elle est atypique, cultivée.Il est vivant et enthousiaste. Et puis lui, il est gentil et bon. Et moi ? Même si je me connais profondémment, il semble qu'il y a des pans de ma personnalité/personne que j'ai oculté ou involontairement raté ? 

Est-ce que cela expliquerait mon sentiment instable vis-à-vis de cette ville ? De moi ? De cette vie ?

Fucking city, you hear the pain. Et il est tard.  

vendredi, 25 juillet 2008

La mort de la vie

17h21.

Une bonne amie m’a dit récemment : “tu me donnes l’impression que tu n’as pas envie d’être heureuse ».

J’ai l’impression qu’elle a toujours su quoi me dire, de la façon la plus simple et bienveillante possible. Et j’ai beaucoup apprécié. Car elle a raison. En partie. J’ai envie d’être heureuse et de le montrer, de le dire. Mais je ne crois plus au bonheur. J’ai l’impression qu’il s’éloigne à chaque pas que je fais vers lui. Je ne le fuis pas. Mais je ne le cherche plus, car il me fuit constamment.

Il veut que j’aille voir un psy-quelque chose. Pour « nous », pour moi. Car je lui avais fait la promesse d’y aller pour qu’il revienne. Je le ferai. Pour moi. Pas pour « nous ». Je le ferai lorsque je serai prête. Et je ne le suis pas. Je ne suis pas prête à entendre quelqu’un me dire ce que je dois faire. Je ne suis pas prête à entendre un inconnu me dire que je dois changer. Je suis comme je suis et je vous emmerde. Si ça vous emmerde, faites le moi savoir et je verrais ce que je peux faire.  

 

Ma vie est un vrai bordel en ce moment. Comme l’appartement que j’ai envahit.

 

Beaucoup ne manquent pas de me rappeler à quel point je suis une personne difficile. Certes.

Je suis insupportable à vivre pour PL. Mais je n’ai jamais rien caché sur la marchandise. J’ai toujours été honnête.

Les agents immobiliers me rient au nez lorsque je refuse de louer un appartement qui ne m’a pas plu : « Mais Mademoiselle, on est à Paris. Vous croyez quoi ? Qu’on aura du calme comme sur une île déserte ?! ». L’appartement donnait sur une rue particulièrement fréquentée et à double sens. Je ne me forcerai pas. J’ai un plan pour une colocation avec un trentenaire qui va bientôt quitter l’appartement. Mais j’hésite car je suis d’humeur associable.

 

Il m’arrive souvent de rêvé de cette période, pendant laquelle mon seul souci était de me trouver un « petit copain » et de réussir mes examens.

La difficile vie d’adulte, ses emprunts, ses licenciements qui poignent, ses concessions.

 

J’aimerai juste ne plus me soucier de l’argent que je n’ai pas, des spectacles que je ne peux pas aller voir, du temps que je n’ai pas pour aller au musée, du prêt que je dois rembourser, des recherches d’appartement, pour simplement me concentrer sur le bonheur de mes amis, et du mien.

Ca me coute beaucoup d’énergie pour ne pas sombrer. Et un psy-quelque chose ne remboursera pas mon prêt et ne trouvera pas d’appartement pour moi.

En fait, j’ai juste besoin d’un psy-quelque chose pour qu’il me confirme que la façon que j’ai de mener ma vie et ma vision des choses sont des façons parmi d’autres, ni mieux, ni pires. Je n’ai pas envie de l’entendre me dire : « Vous devriez tenir la main de votre ami, vous devriez accepter qu’il ne range pas son appartement. C’est du donnant-donnant dans une relation. Il vous héberge, vous ranger l’appartement. Il vous dit « Bisou ma chéri », vous dites « bisou aussi mon amour ». Les relations marchent que si l’on fait des concessions. ». Je lui répondrais « je suis quelqu’un d’indépendant, qui a été malmenée par ses parents. J’en paie les conséquences. Je n’ai pas envie de tenir la main de mon « petit-ami » et de me mettre sur mes genoux en public, car je n’en ressens pas le besoin. J’ai envie d’être un individu. J’ai envie également que l’on me considère comme tel. Si le fait que je ne fasse pas CA le rend triste, mais si le fait de faire ce fameux CA me rend triste, que faire ? Dois-je alors faire quelque chose qui ne me plait pas pour le rendre heureux ? Non. J’ai envie de le rendre heureux. Mais pas en faisant quelque chose qui me rendrait malheureuse. Je n’ai pas envie non plus qu’il soit malheureux du fait que je ne fasse pas CA. Alors lui aussi, que doit-il faire ? Vous consulter ? Car dans ce cas, lui et moi sommes dans la même situation. Comment arbitrer ? Quel bonheur va-t-on sacrifier ? Personne ne peut décider. Et surtout pas vous. »

C’était « lettre à un psy-quelque chose imaginaire », de Konamav… (Est-ce que je commence à vraiment devenir folle ?)

Finalement, je serais curieuse de ce que qu’un psy-quelque chose va me dire.

Tout comme j’ai hâte de commencer à écumer les groupes de travail d’associations à la rentrée !

18h12. Et je suis toujours aussi mauvaise.

 

Votre amie du Week End, un peu folle.

samedi, 19 juillet 2008

One, two, I fucking miss Berlin

1h59. Back from "la Liberté". Après plusieurs litres de bières (incalculables), j'avais juste envie de dire que j'aime la vie, surtout quand je suis complètement bourrée. Les hommes sont fascinants et les femmes sont particulièrement charmantes. Et je suis exceptionnellement "in the fucking good mood for partying". Tout est bon avec les bonnes personnes. Je ne suis pas celle que vous croyez. Je suis vivante, je suis enthousiaste et ambitieuse. Et je mourrai en riant.

Sur ces paroles pittoresques,

votre amie du week end, a vif 

mardi, 15 juillet 2008

Les Wagons de l'Enfer

C’est effrayant comme finalement ma vie tourne en rond. Pourtant, j’ai l’impression d’avancer. J’ai un boulot. J’ai un petit ami que j’ai gardé plus de 3 mois. C’est vrai que le « qu’en dira-t-on » peut parfois m’ankyloser. Mais ne me dites pas que le regard de certains autres n’est pas important ! J’existe parce que les autres me renvoient une image de moi, que je perçois juste ou déformée. Peu importe. Cette image qui se reflete me permet de comparer avec celle que je veux envoyer en théorie. Alors, non, ne me dites pas qu'ils ne sont pas importants.

Il faut donc bien différencier que je ne me soucie guère de ce que pensent les autres.

C’est vrai que ma vie, mon couple, sont ce que j’en fait. Je suis maitre. Je ne nie pas ma contribution à mes succès professionnels, à ma longue relation sentimentale, à ma parfaite éducation sexuelle, à mes sombres choix, à mes échecs. J’en suis fière. Alors expliquez moi pourquoi les personnes « en couple » que je connais finissent par être tous les mêmes : une moitié d’individu incapable de parler à la 1e personne ? (notez que je ne généralise plus, mais que je restreins l’échantillon à mon entourage). Pourquoi « se mettre en couple » reste une finalité ultime ?

Je suis un individu, libre, indépendant et brut. Je n’ai pas envie d’être altérée par des concessions débiles que le « qu’en dira-t-on » nous imposent.

Alors, je suis ce que je veux être (enfin, presque) : un individu entièrement égocentré mais altruiste, un individu combatif, légèrement ambitieux, et surtout vivant. Je ne me rangerais pas dans les carcans dissimulés de notre joyeuse société.

Je n’ai pas de solutions à mes problèmes de logement, à mes problèmes de relations sentimentales, à mes problèmes de relations professionnelles.

Cette fuite en Bretagne m’a beaucoup apporté.

Je pense que je vais arrêter de chercher et consacrer mon temps à : boire, manger (mais pas trop), et me sentir vivre en tombant sciemment (ou par les grands hasards de la vie), dépenser mon argent pour des choses superficielles.

Votre amie du Week End, en direct de la Corporation de la Banlieue Parisienne, s’apprête à affronter les wagons de l’enfer.

jeudi, 10 juillet 2008

In Da Morve

9h50. Finalement, je ne suis pas allée au boulot aujourd'hui. Dans 30 minutes, je vais aller voir ce mauvais docteur.

Bon, pour mettre au clair les choses, je ne me complais, ni me complains pas dans ma merde/problèmes/soucis/whatever. J'ai le droit d'être lassée des choses qui m'arrivent ou qui ne m'arrivent pas. Le bon dans ma vie, c'est qu'ils devront attendre 3 mois avant que mon licenciement prenne effet. 

Je viens de me rendre compte que je suis tellement fatiguée que je n'arrive plus à bien voir. J'ai surement, quelque part, des choses biens, des personnes bonnes qui m'entourent. Quand la fièvre sera partie, je m'engage à être de nouveau moi. A boire comme un trou, à vomir dans les chiottes, à faire n'importe quoi et à dire n'importe quoi, tout en restant bien cinglante. Je ne suis pas une personne heureuse et ne le serai jamais, mais je suis une personne vivante et le serai toujours. Et, selon les bons conseils de notre hungry hungary, je vais tenter de remettre au goût du jour mon Carpe Diem. Quant à ma relation avec PL, j'ai plutôt peur qu'elle ne soit un échec depuis le début. J'ai tout raté car je n'ai pas acheté de bandage pour son genou. En fait, je préfére sortir avec un mec indigne/ignoble/sauvage/indépendant/égoiste, qu'avec PL, car au moins, avec ce genre, j'avais une meilleure estime de moi. PL me fait juste ressentir que je ne suis pas une bonne petite copine.

dimanche, 06 juillet 2008

Au 2e poteau, à droite

Gromanche. J'ai bien raté mon Week-End. Comment pouvait-il en être autrement ? En plus, mon riz au lait Leader Price refroidi. Tout va mal alors.

Je suis donc de retour dans la civilisation.

 

Pendant que j'écoutais Asian Dub Foundation, je suis montée très haut, très très haut. C'était vraiment bon. Je suis montée haut parce que je voulais savoir ce que c'était de tomber en quelques secondes. Je voulais sentir la chute. Alors, je suis tombée, en plein milieu de la foule, en plein bad trip. C'était bon. Parce que je me suis sentie vivre. J'ai voulu me foutre une claque, et j'ai brillamment réussi.

Aujourd'hui, le retour à ma basse réalité a été difficile. Le ménage dans mon futur ancien appartement a été fait, aidée de PL. Puis, je suis retournée dans ma prison. Parce que demain matin je dois braver le métro 6. 

Je n'ai plus la force de chercher un appartement, de prendre le RER, de me faire à manger, de m'investir dans des relations sentimentales, amicales. Si j'étais célibataire, je ne baiserais qu'avec des inconnus, et j'aurais aucun sentiments à leur égard. Ou alors, je me ferais du friendly sex... Mais comme je ne le suis pas, je ne baise pas. Au final, ça reviens au même.

 

Buvez moi 

PL me disait hier soir, que le pire est en train de m'arriver, comme Anne me disait, qu'il ne pouvait m'arriver que quelque chose de meilleur. Ce qui m'a le plus rendu triste, c'est que je n'arrivais pas à le croire, malgré mes efforts et les siens.
Il me disait aussi que l'on se rapproche des gens, de ses potes, dans les moments difficiles. Or, hormis PL, je ne vois pas grand monde autour de moi. Non pas que je ne veuille pas m'entourer, mais j'ai le sentiment que mes "potes', "amis' ou peu importe ce qu'ils sont, préférent s'éloigner des mauvais éléments, de peur qu'ils ne gachent leurs vies si simple et belle. Je suis un vin qui tache que personne ne veut boire, parce qu'il a l'air dégueulasse de loin. 

Et bien, comme dirait Mr M, je suis une grande fille.

Je vais donc revoir Jack, et tous ses amis. Je sais que ça n'est pas bon, mais je vous emmerde, parce qu'avec eux, je me sens vivante.

Votre amie du week end englouti 

Les histoires de l'Ouest

(Ecrit le 2/3juillet) 

 

Dans deux minutes, il sera minuit, on sera déjà demain. Dans 8 heures, je me lève. Il me faudra 10 minutes pour me préparer, chose qui avait toujours étonné ma coloc. Il me faudra 1h15 pour arriver à mon bureau.

Demain soir, ma période d’essai sera terminée. Aujourd’hui, j’ai demandé à mon Manager ce qu’il en était. Ce n’est plus de son ressort, il a envoyé le document aux RH. Alors si je ne reçois pas de missive, that’s all good, folks.

Parce, oui, je quitte mon chez moi le 7 juillet au matin. Je quitte le 14e pour me retrouver une nouvelle fois à la rue, PL Street.

C’est marrant comme j’ai l’air de me regarder tomber. D’ailleurs, c’est un spectacle dont on ne se lassera jamais. Je suis en train de couler dans les profondeurs de mon océan, et j’étouffe et il faut croire que j’aime ca. Des preuves, en voici :

-         J’ai pris la résolution d’assister à des tonnes de réunions de travail pour des associations, des groupes de paroles, des cafés philo… Fight Club…

-         Je suis absolument désagréable avec tout le monde. Et je m’en fous… Je suis une personne immonde, fatiguée et rabat joie.

-         Je ne me suis pas épilée depuis des semaines, j’ai une coiffure affreuse, je m’habille affreusement, et je ne mets plus mon anticernes parce que je m’en fiche aussi. Je suis moche, défraichie et je l’assume, voire l’affiche.

-         Je ne suis pas efficace au travail, et je flippe sans arrêt de ne plus en avoir…

-         J’ai visité 3 appartements depuis que j’ai décidé de partir du 14e, sans aucun succès.

-         Je suis dans une relation dont la seule personne qui s’investit n’est certainement pas moi. Moi trop préoccupée par des petits soucis insignifiants. Accumulés, je peux vous dire que ça pèse son poids…

 

Ma vie est un désastre. Et je le contemple avec délectation. Finalement, je n’ai rien de ce que je veux, pourtant, j’y croyais. Tout avait l’air de bien se goupiller. Alors, conseil à moi-même, au lieu de regarder le futur en espérant que les choses s’améliorent, tâche de te contenter de ce que la vie te donne, résigne toi. Il faut alors que je change de cap. Et que je n’écoute pas mes propres conseils.

 

Et on est déjà demain.

Tiens, mon voisin a éternué.

 

Konamav Corp, officiellement en faillite.

Cherche acheteur désespérément.

Et demain, je résote.

Comment rater sa vie, en 4 leçons seulement !

 (Note écrite le 15 juin)

 

 

Leçon numéro 1 : Se retrouver à la rue

Il est d’une importance capitale de se retrouver sans logement. Une vie ratée, avec un toit, ne serait pas une vie ratée. Suivez mon exemple, ladies and gentlemen.

  1. J’ai choisi un appartement que je déteste, dans un arrondissement que je déteste et dans lequel je ne vais jamais sauf pour prendre le train.
  2. J’ai trouvé l’appartement de mes rêves : loin de toutes commodités, s’entendent métro, bus, supermarché, superette de nuit, boulangerie, poste, laverie, pressing.
  3. Je me suis éloigné de l’unique quartier dans lequel je me sens bien à Paris. Je me suis éloigné de PL, je me suis éloigné de moi-même.
  4. J’ai choisi un appartement sans lumière, avec des voisins qui ignorent ce que vivre en communauté signifie. Un appartement à ma propre image : minable et défraichi.
  5. Ensuite, J’ai décidé de le quitter, après à peine un mois.
  6. J’ai appelé gentiment l’agence immobilière pour lui annoncer que j’allais lui envoyer la résiliation de mon bail.
  7. J’ai donc commencé à rechercher un nouvel appartement dans « mon quartier ».
  8. Après deux semaines de recherches, de prises de RDV finalement annulées parce que l’appartement avait été loué entre temps, j’ai finalement pu faire une visite d’un appartement. Je me suis donc empressée d’informer le nouvel agent immobilier, que je quitte son actuel logement au bout d’un mois à cause du « bruit ». Il sait comme cela, que je ne suis pas quelqu’un de confiant et stable et que je suis prête à quitter un appartement pour des petits riens.
  9. J’ai déposé mon dossier, mais je sais que j’ai bien foiré votre visite, et que plus aucune agence ne voudra me louer un appartement si j’ouvre encore ma bouche et que je débite encore des absurdités comme je sais si bien les balancer.
  10. Ce que je sais, c’est que je vais encore me retrouver dans un appartement minable, dans un quarter que je n’aime pas. Puisque tous les autres appartements auront été pris par quelqu’un de plus riche, quelqu’un qui ne sera pas en période d’essai, quelqu’un dont les parents gagnent plus que son propre salaire. Je vais me retrouver dans l’appartement dont personne ne veut.
  11. Comme je vais être à la rue dans moins de trois semaines, je vais faire la même connerie comme pour le dernier en date que j’ai pris : me précipiter et prendre le premier venue, le premier appartement, que je ne veux pas mais qui me voudra car mon dossier sera acceptable pour lui et parce que mon discours négatif et sans aucun sens n’aura pas eu d’influence sur la décision de l’agence et du propriétaire.
  12. Je vais donc une nouvelle fois emménager dans un quartier qui ne me plait pas, dans un appartement miteux, à mon image et que je mérite, évidemment.
  13. Je vais peut être une nouvelle fois changer au bout d’un mois pour en rechercher un, parce que finalement il ne me plaira pas du tout.
  14. J’ai bien raté ma vie, ou en tout cas, vous je me suis démerdée comme un chef pour me pourrir moi-même ma vie. Félicitations.

 

Leçon numéro 2 : faire fuir ce qui vous reste d’amis.

Il est très important, une fois à la rue, que je me retrouve sans aucun ami à Paris. Sinon, la vie serait trop facile. J’ai donc, peut être à mon insu, décider d’être d’une compagnie désagréable. Les seuls mots qui me viennent à la bouche sont, mis à part que je quitte un appartement au bout d’un mois, que je suis déprimée. Ce qui me rend déprimante. Ce qui me rend tout à fait inintéressante aux yeux des autres. Aux yeux des collègues à qui je ne décroche aucun mot, aux yeux de mes connaissances puisque j’ai l’air de rien, ou d’une chose en voie de dépression aigue, aux yeux de PL, puisque je ne suis qu’une chose qui ne sait que se plaindre. Alors, soit ils m’éloignent de leurs champ, soit je le fais moi-même. J’ai décidé de le faire moi-même et de ne plus voir personne, ou du moins, de voir de moins en moins de gens.

J’ai bien raté ma vie sociale, je m’applaudie.

 

 

Leçon numéro 3 : foirer sa période d’essai

Comme je recherche un appartement, je suis très souvent sur les sites d’annonces de location. Je suis très souvent absente, avec ma liste d’agences à appeler. Je ne suis donc pas très productive, mais comme personne ne me donne rien à faire, j’en profite. Mais ce que je semble ignorer, c’est que je suis surement jugée la dessus et que mes boss voient très clair mon petit jeu.

Bravo, je vais, en plus d’être à la rue sans un seul ami pour m’aider, être au chômage.

 

Leçon numéro 4 : Regarder TF1

Comme je me sens seule, mais comme je n’ai pas le courage d’aller au Louvre et à Orsay, musées pour lesquels j’ai un accès gratuit et illimité, je préfère rester enfermée chez moi, à regarder les séries américaines de TF1, seule chaine que ma télévision et son antenne d’un autre âge veuillent bien capter. J’ai donc le cerveau bien lavé, essoré et séché. Mais attention, quand je ne regarde pas TF1, je regarde une autre série qui permet à mon neurone de se reposer. Or, ce que j’ignorais, c’était que trop de lavages rétrécissent mon neurone, qui, je vous le confirme est aussi vide qu’une noix pourrie. Par conséquent, comme le seul neurone qui me restait est décédé en regardant TF1 et consort, je n’arrive donc plus à prendre une seule décision ni à réfléchir pour en prendre une. Je suis devenue un légume sec. Je suis morte, et je le vaux bien.

Je n’ai que ce que je mérite, car je ne suis pas quelqu’un de bien. Je dois donc pourrir dans un appartement que je ne veux pas et que je ne voudrais jamais, délaissée par mes amis que j’ai délaissé. Je vais donc continuer à regarder une série débile américaine.

 

Votre amie du dead fucking and depressing week end.

 

 

14

(Ecrit le 1er juin)

 

Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais, mais je ne pensais pas à ça. Joudi dernier, j’assistais pour la première fois, à une réunion de travail d’un collectif d’un certain parti de pensée.

J’avais envie de m’impliquer dans une action qui pourrait aider les autres. Je pensais que la politique était un élément central pour transformer la société. Alors je contacte ce collectif. J’arrive en retard, mais je suis plutôt bien accueillie. Tout le monde, ou presque, à l’air de se connaitre. On est une bonne dizaine. Et commence les « débats » pour discuter et décider du contenu d’un certain tract. Pour discuter du financement d’une réunion publique. Je n’interviens pas une seule seconde. Je me tais. Je me tais devant ces gens qui s’agitent et se fatiguent à montrer leur intelligence, à démontrer par des beaux mots, qu’ils ont raison. J’ai été déçue. Déçue de la futilité et de la superficialité du contenu des débats, des discussions. Je riais intérieurement car ils pensaient dans leurs propos changer le monde. Ils pensaient qu’ils construisaient quelque chose de grand. Ils pensaient qu’en dramatisant la situation économique et politique actuelle, qu’ils étaient meilleurs que les autres.

Alors, je me retire définitivement de la politique. La prochaine fois, je me lance dans une cause sociale ou écologique. Ou je créé mon propre parti.

 

Sadi, cinéma, recherche intensive d’un restaurant bon et pas cher dans le quartier de Pigalle et Montmartre, et rendez-vous à l’ambassade. Je m’attendais à un troquet, fréquenté par des figures du quartier, sentant l’alcool et débitant de grandes tirades philosophées éthyliques. J’ai été déçue. C’est un restaurant bobo d’un quartier d’artistes bobos ayant les moyens de payer 1 kilo de côte de bœuf 60 euros. Je vote donc pour la liberté.

 

Et puis je pensais aussi que ma vie à Paris allait être trépidante. Je pensais que j’allais assister à une tonne de pièces de théâtre. Je pensais que j’allais voir régulièrement des concerts de musique classique dans des églises, à l’opéra. Je pensais que j’allais sortir dans des endroits insolites, découvrir de nouveaux artistes. Je pensais que j’allais vivre. J’ai été déçue. Je survis. Je survis dans cette ville trop chère. Je survis dans cette ville molle qui tente de bouillonner, mais qui ne fait que s’appuyer sur des apparences. Je survis dans cette ville invivable, étouffante et oppressante. Je survis dans cette ville pleine de personnes désagréables pour qui sourire constitue un effort surhumain. Je survis dans cette ville dont je déteste les habitants et qui m’enlève toute envie de vivre ici.

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