samedi, 23 mai 2009
In Drunk I trust
19h48
Bouteille de bordeau rouge 2003 : Première !
Je me demande ce qui m'exaspère le plus : le manque d'envie de passer du temps avec la famille du PL et de finir la soirée avec lui ou son manque d'envies, full stop. 19h50. Que ce vin est divinement bon. Il me manque quelqu'un avec qui partager cette ivresse si douce.
C'est marrant comme on peut passer d'une joie légère à une envie de ne plus être. 19h59. Je ne sais plus comment les minutes passent. Derrière ce verre. Pourquoi tout est si ephémère, pourquoi le moment durant lequel on doit saisir sa chance est si court. Pourquoi ? Pourquoi je sais que je finirai par écouter seule mes vinyles de Pink Floyd ? Pourquoi je n'arrive pas à ne pas accepter qu'il n'aimera jamais ce que j'aime par dessus tout ? Cet homme qui appréciera mes textes, cet homme avec qui j'écouterais mes vinyles de Pink Floyd en divaguant sur la futilité de l'existence et de la fugacité exquise de l'ivresse, cet homme là, existe-t-il ? Dois-je y croire ou dois-je accepter l'existant ? Une vie bien rangée, c'est surement mon cauchemard, mais je dois encore faire beaucoup de chemin avant d'accepter cette évidence. Il faut encore beaucoup de 80 euros avant d'y arriver. Un chose est sure : c'est qu'il n'y a plus d'ordre dans mes pensées. Y-en-a-t-il déja eu... J'ai l'impression de flotter en moi, la chaleur particluière de l'alcool, la douceur du vin dans ma bouche, cette arrière gout délicieux accompagné de la lourdeur de l'atmosphère, c'est un moment si jouissif. Il y a une vieille dame à la fenêtre qui vient de disparaitre. Il y a des fenêtres fermées, et d'autres ouvertes, il y a ce calme, et nous sommes pourtant à deux pas du boulevard. Il y a le chant des oiseaux, et nous sommes pourtant à Paris. Je suis seule en haut de mon immeuble, il y a du soleil sur l'immeuble d'en face, il y a une douce brise qui fait danser mes rideaux, il y a cette luminosité que je vois à travers mes yeux fatigués et obnubilés par ce verre encore plein.
Sadi soir à Paris seule : enième !
20h24. My setting sun. C'est encore effrayant d'entendre quelqu'un que l'on paie 80 euros me dire que je devrais tout quitter si j'en ai envie. Je préfère écouter cette voix que celle de ces gens qui me demandent de me contenter de ce que j'ai. Mais je n'ose pas encore sauter. Il me faudra encore quelques 80 euros avant de pouvoir y arriver. "I've been searching baby a way to tell you how". Se mettre en danger, sinon, la vie serait d'un ennui terrible. Au fond, on ne sait pas vraiment ce que l'on veut, mais une chose est sure, c'est au moins ou l'on veut être et avec qui, et puis ce que l'on veut être.
21h38.
Je me demande ce qui est le plus minable : danser seule sur du Goran Bregovic ou pleurer sur du Pink Floyd... En attendant, ce bordeau rempli bien sa petite mission.
22h05.
Tic toc. there will be more light. On y vient, oh oui, on y vient toujours. Finalement je ne pourrais l'éviter. Et ça ne me dérange pas vraiment. Mon coeur bat, je le sens si fort. La nuit tombe. Si lentement. Chaque minute passe avec une sensualité désarmante. Comment peut-on laisser un tel être danser seul au milieu de la nuit, se remplissant de vin et de musique, appréciant la lassivité printanière. Il y a toujours des fenêtres ouvertes, et d'autres fermées. On voit de la lumières au travers des rideaux. Le ciel est gris foncé ce soir. C'est surement parce que la nuit tombe. Les rideaux dancent moins, c'est peut être parce qu'il est temps. Tonight I had to much to drink. Enfin, c'est un effet de style. Au fond, on a toujours tendance à exagérer. On a beau lancer des signaux, ça ne marche pas. Ca ne marche pas. Ca ne s'arrêtera jamais. On doit être le seul à prendre la décision que d'autres n'ont pas le courage de prendre et de dire tout haut. C'est difficile et ça ne nous rend pas plus fort, juste plus cruel donc humain. Je ne veux plus de ça. Je ne veux pas d'un pseudo homme aimant et mou. Je veux quelqu'un comme moi. Je veux d'un homme grandit par ses passions. Je veux d'un homme entier, qui recherche les mêmes choses que moi. Je veux un homme vivant, qui est ce qu'il est au fond par lui même, pas par copie conforme d'un cousin ou d'une soeur. Je veux me sentir en danger, je veux conquérir un territoire qui me plait. Je veux vivre et finir heureuse. Je veux boire et continuer jusqu'à ce que je vomisse mes tripes. Je veux juste me sentir vivante. Le plus difficile est d'assumer ses désirs. Je veux partir d'ici. Je veux quitter ce travail. Je veux quitter ce garçon. Je veux oublier dans les bras d'autres. Je veux me sentir unique. Je veux me sentir exceptionnel dans d'autres yeux que les miens. Je veux finir cette bouteille. Et que mon homme en soit fière, non pas qu'il me sorte une morale à la con d'un commun ennuyeux que je ne tolererais que de mes amis seulement.
Je suis Konami, je bois une bouteille de bon vin en ce sadi soir pourri, et celui qui ne me juge pas pourra frapper à ma porte... On pourra écouter Pink Floyd en direct de sous ma couette...
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mardi, 19 mai 2009
Les Neuronales
2h43. On est déjà encore demain. Le Week End dernier, je suis sortie. C'est à tel point significatif qu'il fallait que ce soit dit. Et écrit. Dredi, soirée bières et cigarettes, amis de l'ami de mon amie. J'ai conclu la soirée par la réponse à la question fatale "mais c'est où ?" : "dans ton cul", ce que l'assemblée a très peu apprécié puisque le seul commentaire a été un silence long et plutôt gênant, suivi du départ de presque tout le monde. Sadi, visite de l'aquarium du Trocadéro. Décevant. Mais si j'avais eu 5 ans, j'aurais apprécié. Direction Perreire pour s'engouffrer dans la banlieue morose Nord pour aller à la soirée anniversaire / annonce du second enfant / annonce du futur emmenagement dans un appartement plus grand d'une copine de l'ESC. Retour, Paris Nord, Gare de Surface. Il est 1h du matin. Direction Oberkampf pour l'anniversaire de la soeur du PL. C'était sur le chemin et j'avais encore soif. Après avoir joué la reine des glaces, m'être fait renversé de la bière sur moi par un illustre inconnu mais pour qui je ne l'étais pas avec en prime pour excuse la réplique de la soirée "je t'en veux", après m'être ridiculisée auprès d'un ami du PL par mes confessions post "je consulte donc j'intellectualise", après avoir marché sous la pluie et pissé entre deux voitures, après avoir volé quelque chose qui devait manquer à quelqu'un qui nous a ensuite attendu à la sortie de la soirée clash (qui était au passage tout sauf ce que j'aime, miam), après s'être caché dans un hall d'immeuble pour éviter le quelqu'un, après m'être laissé embarquée dans le délire du cousin du Nord qui voulait faire les Champs Elysées en taxi et boire du champagne (sans trouver un seul bar ou une boite ouverts à 6h, Paris à 6h du matin, c'est déjà Gromanche) et après avoir fini à Gare de Lyon, pour finalement se faire gentillement jeter parce que le train bleu express ne servait pas d'alcool avant 11h, j'ai pu rentrer chez moi.
Il est 3h02 du matin. On est toujours demain. Je crois que j'ai tout retourné. Ma vie, mon appartement, mon entourage. Ne reste plus qu'à établir le plan d'action pour ranger tout ça. Mais je sais qui je suis. Alors je sais que tout n'est qu'une partie d'un cycle. C'est lassant de toujours recommencer les mêmes choses, se poser les mêmes questions, ressentir les mêmes choses. Dire les mêmes choses.
+5.
Je suis donc sortie ce Week End et me suis frotée aux dangers de la sociabilisation. J'ai encore tellement le cerveau déconnecté que je n'arrive même pas à croire que je vis. Je ne sais pas si c'est l'alcool, ou les autres "choses" que j'ai pris, ni la fatigue ou l'émoi d'avoir fréquenté des gens. Je ne sais pas encore comment appréhender la suite. Vite, un pot de chambre.
+6.
Il est temps. alors.
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jeudi, 14 mai 2009
Hold tight Paris
1h22, en ce mordi orageux, In dust I trust.
C'est marrant que nous passions notre vie à vouloir faire des choses exceptionnelles alors que finalement, nous n'aspirons qu'à vivre dans un environnement confortable. On passe notre temps à regarder les mêmes films, les mêmes séries américaines, à écouter les mêmes chansons, à relire les mêmes livres, à voir les mêmes personnes, à vouloir utiliser le même stylo au boulot, et s'assoir sur la même chaise que l'on a passé au moins 5 minutes à régler, à "sortir" avec la même personne, à faire ses courses dans le même magasin, à fréquenter le même bar et acheter ses vêtements chez la même enseigne. Finalement, on est tous les mêmes à des degrés différents. Nous sommes tous des gens sans importances qui trouvent exceptionnel de voyager dans un pays lointain pour ses vacances d'été, de lire Guerre et Paix, de se marier, de tenir tête à son patron, de s'acheter le super jean Levi's en solde, de découvrir un nouveau groupe, ou un nouveau film, d'avoir un nouvel ami. Vivre cette vie sans surprises, c'est comme si on voulait rendre exceptionnel le fait d'avoir acheté sa baguette "Tradition" en rentrant du travail. Au final, celui qui se fait le plus de mal, c'est celui qui tente chaque jour de se persuader qu'il est content de sa vie, telle qu'elle est, dans son ensemble, avec ce qu'il a et ce qu'il n'a pas.
1h40, diantre, que le temps passe vite, si vite, que j'ai bientôt fini mon sandwich électrique. C'était d'une exquise jouissance. Mais c'est comme tout, on se réconforte dans l'idée que l'on peut toujours réécouter l'album, un double clic suffit. On peut simplement avoir peur de se lasser de l'écouter et de ne plus ressentir ce bonheur, qui nous donnait une raison de vivre, ou de veiller. Il est parfois difficile de contenter un esprit affamé et agité.
C'est triste qu'aujourd'hui est pareil à hier. Demain ne donne donc guère envie de se lever. Rien que le fait de penser que je vais transpirer avec des inconnus, transpirants également, dans un RER humide et puant me répugne et m'a malheureusement anésthésié à la sensualité d'un corps humide après l'amour.
Gute Nacht, Nacht.
Konamav, un mouton engagé.
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