vendredi, 24 juillet 2009

Anne, Anna et moi

1h25. Je n'ai pas vu les heures défiler. Après avoir répondu aux questions de l'Insee (oui, mon immeuble fait parti de l'échantillon depuis quelques années et j'en suis une nouvelle proie) sur mon boulot et moi face à un enquèteur, ma foi, beau et charmant dans sa quarantaine, montre Diesel, chaussures coordonnées au bracelet de la dite montre, jeans bien taillé et polo (sans marque) parfaitement ajusté pour mettre en valeur sa "forme" et son corps ferme et musclé avec justesse, après avoir répété inlassablement l'erreur d'acheter du taboulé "à faire soi même" qui comme toujours s'avère toujours aussi mauvais, je me suis plongée dans le visionnage du troisième volet de Anne of Green Gables. Oui, je l'avoue, je suis coupable d'être une insassiable d'histoires romantiques rocambolesques. Oui, pour moi, une vraie histoire d'amour, c'est une histoire comme celle d'Anne Shirley. Ou alors comme celle d'Anna Karenine (beaucoup plus dramatique certes et dans un registre vraiment différent). De retournements de situations en retournements de situation, de malentendus en malentendus, de fuites en poursuites, on finit toujours par finir avec celui qui nous est destiné, comme si cela était écrit. Ou alors on finit toujours par mourrir de ne pas avoir eu celui que l'on voulait, comme on l'a toujours imaginé, la nuit, en pensant à lui, au boulot quand on s'ennuie... Dans les livres.

Dans la vraie vie, on sort avec quelqu'un et on s'efforce de faire marcher les choses, comme un devoir. Envers qui ? Soi ? La Société ? Sa fierté ? Sa peur de mourir seul dans un lit d'hôpital ou dans ses propres déchets ? Où est le romantisme dans ces histoires d'amour banales mais dans lesquelles les gens semblent confortablement installés par convénience et passivité (avec une once d'indifférence sous jacente) ? Où sont les grands sentiments, la passion, la haine dans ces histoires où l'on s'efforce de vivre simplement sans se "prendre la tête" en évitant les "complications", les "conflits" ? Jusqu'à ce qu'elle nous fasse chier avec ses crises de jalousie et de pseudo manques affectifs ou encore avec ses maniaqueries, jusqu'à ce qu'il nous ignore en lisant lemonde.fr le matin en buvant son café, ou en se satisfaisant de rapports sexuels réguliers et mécaniques.

Le manque d'audace, de courage et la dévalorisation des grands sentiments à la faveur de la "plenitude d'une vie simple et rangée dans un joli appartement du 15e arrondissement, près de la ligne 6, c'est pratique, avec un petit ami qui aime jouer à la Wii avec ses copains le dimanche soir, pendant qu'elle discute de décoration et de produits bio avec ses copines" m'insupporte. Vie "normale" ou vie "pleine d'aventures" ?

A 1h40 du matin, que dire ? A 11 heures de me rendre ridicule parce que j'ai décliné l'invitation indéclinable à un déjeuner pour fêter le départ de mon boss alors que "tout le monde vient" en donnant comme raison "je ne peux pas", que dire ? Que je suis une pauvre fille "normale" frustrée dans sa petite vie rangée et ennuyante, qui tente de se donner de la contenance et d'apporter un sens à sa vie en achetant une robe Zadig & Voltaire et des sandales Jimmy Choo ? Que je suis une pauvre fille "banale" qui pense qu'au fond elle a un grand potentiel pour faire de sa vie ce qu'elle souhaite le plus au fond mais que la vie est "trop injuste" et qu'un travail alimentaire est necessaire et que par conséquent il est impossible de mener cette vie romantique et artistique ? Que je suis une pauvre fille "torturée par des pseudos questions pseudos existentielles parce que c'est toujours plus valorisant intellectuellement d'être celle-la que l'autre qui vit sans se poser de questions, avec une certaines indifférence que l'on pourrait confondre avec de l'édonisme involontaire ? Que je suis une pauvre fille "stupide" parce qu'elle passe à coté de toutes les bonnes petites choses de la vie sous prétexte que la simplicité n'est rien face à l'immensité de la passion forcément destructrice ?

Et puis, à 1h58 du matin, que pourrait-on tirer d'une idiote qui écoute de la musique de drogués, qui écrit dans la lumière de son écran d'ordinateur sur un vieux lit d'enfant ?

Le prochain qui me dit que j'ai tout pour être heureuse, je lui vomis mon taboulé Garbit sur ses Gola à 100 euros.

Finalement, j'avance dans la vie avec l'impression (voire la fierté) de tout controler et de faire les choses comme je l'entends, sans avoir conscience que je ne mène rien du tout, en réalité. Mais qui tire les ficelles ? Ma peur ? Mes deux démons ?

2h11, il est temps de divaguer sur le futur pour en oublier le présent ennuyeux et insatisfaisant.

2h12. Je repense à Sadi dernier. Et je peine à comprendre Fanchie et Anso. J'y parviendrais un jour. Mais les 2 heures de TGV qui nous séparent ne facilitent pas mes recherches et mes analyses sont superficielles et peu correctes.

2h15. Je vais pisser et me coucher sur "let there be more light", telle ma marche nuptiale.

mercredi, 22 juillet 2009

It's going to be legen...

00h50. Je déteste la chaleur. Je déteste mon t-shirt collé à ma peau et collé au plastique du siège du RER. Je déteste les personnes qui pensent que le déodorant n'est qu'un mythe de notre société de consommation. Pensées du soir : J'ai bientôt 26 ans et je n'ai même pas envie de crouler sous les dates. Ca m'ennuie. C'est la disette sentimentale. Je devrais en faire une chanson. Je devrais m'offrir des fleurs. D'ailleurs, je songe sérieusement à m'offrir une jolie bague en argent pour mon anniversaire que je fêterai avec mes bouteilles, fidèles compagnons de toujours et de tous les jours. J'ai cette impression dérangeante que je suis entourée - cernée - par une horde de couples qui me jetent leur bonheur de facade. J'ai l'impression que je fais partie des célibataires "déchets" ou "d'occasion, mécanique à revoir, mauvais état général". Je ne sais peut être pas aimer. Et puis malgré ce réel désir de nourrir un amour pérenne avec un homme, je ne m'en donne pas vraiment les moyens. Pourquoi ? Bonne nuit.

jeudi, 09 juillet 2009

S#@ck me

Hoquet, certes, mais mauvais donc re-writing. 2h08, matin. Dans 6 heures alors sera le début de la nouvelle journée.

Sadi j'ai assumé ma part de féminité et surtout de Parisienne. Ca peut avoir l'air stupide. Mais c'est encore un pas. Un autre, un nouveau. Vers nul part mais qu'importe. Bastille encore le soir, rue de la Lappe, mais c'est mon quartier de sorties. J'y suis un peu vieille par rapport aux étudiants, mais je "fais jeune", je suis asiatique. Gromanche midi direction Japan Expo pour découvrir cet évènement qui s'est avéré d'une rare nullité et d'un vent commercial particulier. J'y suis restée 1h, 12 euros, et pas trouvé l'anime que je voulais. Le reste de l'après midi avec Aspho and friend à parler de l'insipidité des jeunes gens d'aujourd'hui en mangeant mon premier cheese cake en France.

Et tous les jours, au travail, j'observe avec amusement et un certain dédain mes collègues. Je n'ai même plus la force de participer à leurs conversations comme auparavant, car je ne pouvais m'empêcher de les contredire, non pas par plaisir mais parce que nous étions en constant désaccord sur tous les sujets du monde. Comment ne pas rire interieurement lorsque l'on entend des débats tels que "l'épilation, à la cire ou au rasoir ?", "des strings pour les mecs ?", "une relation a distance est-elle forcément vouée à l'échec ?". Finalement, le pire n'est pas le sujet qu'ils choisissent, mais les arguments qu'ils défendent et les aberrations telles que : "Je ne sais pas comment ces femmes enceintes font pour prendre le RER, moi, quand je serais enceinte, je viendrais en taxi tous les jours", "c'est totalement stupide de se suicider à cause de son travail, il suffit de le quitter", "quoi ?! tu ne te fais pas de gommage corporel ?!!!", "j'adore le mascara Lancôme", "moi, je ne pourrais pas supporter de vivre une journée sans mon mec"...

Je suis de plus en plus exigeante envers les nouvelles personnes que je rencontre. J'aime mes amis, mes potes. Les potentiels doivent être à la hauteur et je dois dire que depuis quelques années, le marché des amis/potes est en pleine recession. On en trouve de moins en moins de valable. C'est qu'à Paris, l'offre se tarie. Surtout chez les filles. On trouve de plus en plus de presque trentenaires qui ont des comportements d'adolescentes qui gloussent en troupeau devant un SMS d'un garçon rencontré au Batofar en tentant de mutualiser leurs cerveaux pour y répondre. Les garçons restent stables. Ce qui est rassurant. Mais la mise en couple n'est jamais bénéfiques pour eux, car ils ont tendance à passer leurs Week Ends avec cette fille qui n'avait pas suffisamment de matière grise pour répondre seule à son SMS.

Dans un monde parfait, mes amis seraient tous des passionnés d'arts, pratiquant l'un d'eux mais également la langue de pute. Mais le monde n'est pas parfait, eux non plus et moi non plus. Monde de merde. Autant rentrer en Bretagne. With my mind she runs.

You taste like you went there, did you?

Tic toc, il est 2h47 en direct de Gare de L.

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PS : Je viens de relire certaines précédentes notes, et je pense que parfois, je devrais arrêter de publier directement mes textes. J'en dis vraiment trop sur moi et c'est effectivement effrayant (pour moi) et le poids de la honte et de la difficulté d'assumer ces choses écrites (et pensées donc) est difficilement supportable. Mais certaines sont fausses.