lundi, 10 août 2009
...till Monday
Enième week-end. Je ne sais plus, ou si, je sais. La réponse ne vient toujours pas. Peut être qu’elle n’existe pas. Ca ne sert à rien de chercher, alors. Ca ne vient pas. Alors en attendant je ne fais rien et je fais n’importe quoi. Et puis, ce n’est peut être pas n’importe quoi.
On ne sait rien de ce qui va nous arriver demain. Pourquoi prévoir ? Pourquoi s’évertuer à chercher à construire quelque chose, alors qu’il n’y a rien finalement, qui naitra de tout ça. Et puis quelqu’un fera tout disparaitre. Je ne sais plus. Ou si. Je sais. De nouvelles questions. Ca complique la chose. Je sais quoi faire. Ou, non, je ne sais plus. Non plus. Et puis tant pis. Qu’importe. Paris, c’est beau la nuit. J’ai tant de difficultés à regarder les autres dans les yeux, de peur qu’ils voient tout. Je ne sais plus quel rôle je suis censée jouer aujourd’hui. Et puis, est-ce que je sais ce qu’est d’aimer quelqu’un, parce que l’on m’a dit que je ne savais pas. Je ne sais pas, alors. C’est donc cela. J’ai si peur de ne jamais pouvoir. J’en ai tellement peur que j’en mourrais. Pourquoi lorsque je regarde devant moi, je ne vois que les erreurs que j’ai faites hier ? A quoi ça sert de regarder derrière pour tenter de ne plus faire les mêmes choses, les mêmes mauvaises choses ? Au fond, je ne sais plus. La pression est si forte. Je ne sais plus si je m’en sors, ou non.
Mais ce que je sais, c’est que les gens comme moi finissent toujours seuls et en enfer. Il suffit de pousser la porte.
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dimanche, 02 août 2009
From Mojito...
18h22.
En ce gromanche, je cuve mes Mojitos et tente d’oublier le ridicule qui s’est collé à ma peau et dont le spectre est resté me hanter jusqu’au prochain épisode. J’ai encore un mal de crane dont je vais me souvenir encore toute la semaine, et un foie qui fait un peu grise mine. J’ai fini ce livre qui me rappelle étrangement mon actuel état de délabrement physique et mental. C’est parce qu’hier soir, avec Stef, nous sommes passées à la soirée d’anniversaire de R. qui avait eu la bonne idée de s’équiper pour confectionner des Mojitos, boisson que nous avions bu plus tôt dans la soirée dans plusieurs bars de la rue de la Lappe avant de partir manger et boire une bouteille de Malbec, le tout, dans un lapse de temps relativement court, le soleil venait de se coucher. J’ai du passé la soirée à raconter des idioties (dont heureusement je n’en ai plus aucun souvenir) avant de m’écrouler sur le canapé sans pouvoir bouger et parler. Après avoir monopolisé les toilettes pour vomir mes repas, Stef m’a enfin conduite dehors, il pleuvait mais c’était si bon. La pluie ne m’a toutefois pas lavée de la honte et du ridicule mais au moins, nous sommes rentrées saines, sauves et avec toutes nos affaires.
En ce Gromanche, précis, j’ai l’impression de vivre ce que sera le reste de mes Gromanches post-cuite : une punition d’avoir trop bu pour me donner le courage de feinter que je suis la meilleure, la plus drôle, la plus originale, la plus intelligente. Une punition de devoir aller au commissariat pour porter plainte contre inconnu pour dégradation de bien privé. Une punition de devoir manger des lasagnes Leader Price et de boire du coca dont je le gout est mauvais puisque tous mes sens sont encore annihilés par les effets des Mojitos.
Je crois que je vais simplement fermer mes rideaux, aller m’écrouler sur mon lit pour mourir devant Grindhouse pour me mettre de bonne et joyeuse humeur avant la semaine de travail.
22h13.
La descente est, je l'avoue difficile. Ca passera.
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vendredi, 24 juillet 2009
Anne, Anna et moi
1h25. Je n'ai pas vu les heures défiler. Après avoir répondu aux questions de l'Insee (oui, mon immeuble fait parti de l'échantillon depuis quelques années et j'en suis une nouvelle proie) sur mon boulot et moi face à un enquèteur, ma foi, beau et charmant dans sa quarantaine, montre Diesel, chaussures coordonnées au bracelet de la dite montre, jeans bien taillé et polo (sans marque) parfaitement ajusté pour mettre en valeur sa "forme" et son corps ferme et musclé avec justesse, après avoir répété inlassablement l'erreur d'acheter du taboulé "à faire soi même" qui comme toujours s'avère toujours aussi mauvais, je me suis plongée dans le visionnage du troisième volet de Anne of Green Gables. Oui, je l'avoue, je suis coupable d'être une insassiable d'histoires romantiques rocambolesques. Oui, pour moi, une vraie histoire d'amour, c'est une histoire comme celle d'Anne Shirley. Ou alors comme celle d'Anna Karenine (beaucoup plus dramatique certes et dans un registre vraiment différent). De retournements de situations en retournements de situation, de malentendus en malentendus, de fuites en poursuites, on finit toujours par finir avec celui qui nous est destiné, comme si cela était écrit. Ou alors on finit toujours par mourrir de ne pas avoir eu celui que l'on voulait, comme on l'a toujours imaginé, la nuit, en pensant à lui, au boulot quand on s'ennuie... Dans les livres.
Dans la vraie vie, on sort avec quelqu'un et on s'efforce de faire marcher les choses, comme un devoir. Envers qui ? Soi ? La Société ? Sa fierté ? Sa peur de mourir seul dans un lit d'hôpital ou dans ses propres déchets ? Où est le romantisme dans ces histoires d'amour banales mais dans lesquelles les gens semblent confortablement installés par convénience et passivité (avec une once d'indifférence sous jacente) ? Où sont les grands sentiments, la passion, la haine dans ces histoires où l'on s'efforce de vivre simplement sans se "prendre la tête" en évitant les "complications", les "conflits" ? Jusqu'à ce qu'elle nous fasse chier avec ses crises de jalousie et de pseudo manques affectifs ou encore avec ses maniaqueries, jusqu'à ce qu'il nous ignore en lisant lemonde.fr le matin en buvant son café, ou en se satisfaisant de rapports sexuels réguliers et mécaniques.
Le manque d'audace, de courage et la dévalorisation des grands sentiments à la faveur de la "plenitude d'une vie simple et rangée dans un joli appartement du 15e arrondissement, près de la ligne 6, c'est pratique, avec un petit ami qui aime jouer à la Wii avec ses copains le dimanche soir, pendant qu'elle discute de décoration et de produits bio avec ses copines" m'insupporte. Vie "normale" ou vie "pleine d'aventures" ?
A 1h40 du matin, que dire ? A 11 heures de me rendre ridicule parce que j'ai décliné l'invitation indéclinable à un déjeuner pour fêter le départ de mon boss alors que "tout le monde vient" en donnant comme raison "je ne peux pas", que dire ? Que je suis une pauvre fille "normale" frustrée dans sa petite vie rangée et ennuyante, qui tente de se donner de la contenance et d'apporter un sens à sa vie en achetant une robe Zadig & Voltaire et des sandales Jimmy Choo ? Que je suis une pauvre fille "banale" qui pense qu'au fond elle a un grand potentiel pour faire de sa vie ce qu'elle souhaite le plus au fond mais que la vie est "trop injuste" et qu'un travail alimentaire est necessaire et que par conséquent il est impossible de mener cette vie romantique et artistique ? Que je suis une pauvre fille "torturée par des pseudos questions pseudos existentielles parce que c'est toujours plus valorisant intellectuellement d'être celle-la que l'autre qui vit sans se poser de questions, avec une certaines indifférence que l'on pourrait confondre avec de l'édonisme involontaire ? Que je suis une pauvre fille "stupide" parce qu'elle passe à coté de toutes les bonnes petites choses de la vie sous prétexte que la simplicité n'est rien face à l'immensité de la passion forcément destructrice ?
Et puis, à 1h58 du matin, que pourrait-on tirer d'une idiote qui écoute de la musique de drogués, qui écrit dans la lumière de son écran d'ordinateur sur un vieux lit d'enfant ?
Le prochain qui me dit que j'ai tout pour être heureuse, je lui vomis mon taboulé Garbit sur ses Gola à 100 euros.
Finalement, j'avance dans la vie avec l'impression (voire la fierté) de tout controler et de faire les choses comme je l'entends, sans avoir conscience que je ne mène rien du tout, en réalité. Mais qui tire les ficelles ? Ma peur ? Mes deux démons ?
2h11, il est temps de divaguer sur le futur pour en oublier le présent ennuyeux et insatisfaisant.
2h12. Je repense à Sadi dernier. Et je peine à comprendre Fanchie et Anso. J'y parviendrais un jour. Mais les 2 heures de TGV qui nous séparent ne facilitent pas mes recherches et mes analyses sont superficielles et peu correctes.
2h15. Je vais pisser et me coucher sur "let there be more light", telle ma marche nuptiale.
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