mardi, 22 septembre 2009

Où il est question de désirs ou d’hallucinations

Je sais ce que je veux. J’ai toujours su. A chaque moment de ma vie. Quand j’étais au collège et au lycée (oui, je sais, 6 années d’obsession), je voulais sortir avec S. Comme j’étais moche et totalement transparente, et comme il voulait se rapprocher des gens « cools et habillés en marques », nous avons du nous parler par erreur que quelques fois. Je me souviens que lors du voyage en Angleterre en 3e (ou en 4e), nous passions beaucoup de temps ensemble et je me souviens aussi qu’il avait été mon guide au musée de la RAF et que nous étions assis à coté dans le simulateur de vol. Nos bras avaient du se toucher. Il s’est éloigné quand ses copains l’on taquiné à mon sujet. Depuis, il ne m’a plus jamais adressé la parole. Conclusion : on est bien con quand on est jeune. Ca me rappelle qu’à l’époque, je croyais encore au Prince Charmant et que mon imaginaire « de la relation amoureuse » était puissamment influencé par les téléfilms italiens de M6, les séries télévisées américaines et les chansons de Radiohead et des Beatles. Je me souviens qu’avant de rentrer en Prépa, je me disais que j’allais rencontrer un garçon, et qu’il serait forcément le seul et l’unique. Je pensais que j’allais donner mon premier baiser, ma virginité à celui qui partagerait le reste de ma vie, à celui qui m’aimerait passionnément et que l’on allait vivre happily ever after.

Et bien, en fait non. Ça ne s’est pas passé comme je l’imaginais. J’ai rencontré des garçons, plusieurs. J’ai donné mon premier baiser et ma virginité à un garçon que je n’ai plus du tout envie de croiser même de loin. Ca fait sept années. Je me rends compte que je ne savais rien. Je me rends compte que ce que je voulais n’était qu’un amas de fantasmes et de fantaisies fantasques. J’étais une adolescente normale qui faisait les tests de Jeune & Jolie en Prépa pour savoir si j’allais enfin rencontrer l’amour. Je me rends compte aussi que les larmes que j’ai versées et les douleurs que je ressentais dans les feux de l’amour étaient fausses et inutiles.

Je ne sais pas ce que je veux. Mais je sais ce que je ne veux plus. Ces dernières semaines, je pensais vouloir d’un peu de McSex. Quick and dirty. Finalement, non. Mon corps (et ce que je peux faire avec) reste un privilège précieux. Et puis, merde, je suis une fille intelligente, drôle, déjantée, cultivée et geek qui mérite d’avoir son équivalent masculin. Et puis, si ce n’est pas le cas, tant pis.

Je pensais que je voulais être Anna Karenine et mourir d’amour pour un homme. Elle était simplement une femme malheureuse dans sa vie familiale qu’elle ne parvenait pas à assumer. Elle pensait trouver en Vronsky celui qui la sauverait de sa vie ratée. Il l’aimait, elle ne s’aimait pas. Elle aurait du consulter. Plus sérieusement, j’ai enfin compris que l’amour véritable ne se trouvait pas dans la souffrance, ni le manque, ni le désir insoutenable, mais dans une entente simple, facile et douce. Et si ça doit être un jeu, chacun doit en connaître naturellement les règles sans que l’un ait à expliquer à l’autre de quoi il s’agit.

PS : Ceci mon 199e texte.

Ok, je théorise, et pratique peu. Il faut bien s’occuper en attendant. Et puis je dois tourner mon disque.

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