mercredi, 09 septembre 2009

Où il est question de pas grand chose, comme toujours

23h33. Los Angeles, la terre tremble.

L’avenir est si incertain. On peut être prié de partir de son poste. On peut continuer à chercher dans cette grande ville l’amour, ou du sexe. On peut aussi juste vouloir continuer à rire. On peut simplement s’évertuer à vouloir revivre son passé. Parce que regarder devant soi, c’est parfois douloureux, c’est parfois inutile puisqu’il n’y a rien. On ferme juste les yeux. Ou du moins, on tente. De chez moi je vois deux étoiles et la lune. Tout est une question de perspective. Mais ai-je la bonne ?

Je ne parvenais pas à comprendre quand PL me disait qu’il pensait toujours en fonction de moi. Et je ne comprends toujours pas. C’est que l’on ne regardait pas la même chose.

Finalement, tout est une question de timing, et il semble que je n’ai jamais eu ce bon timing avec qui que ce soit. Pourtant, j’avais dans mes bras des types bien.

Sous prétexte qu’il ne faut pas manquer sa chance, devons-nous alors nous empresser de sauter sur n’importe quelle petite occasion qui s’offre à nous ? Les mois passent. Ma situation est la même qu’elle était il y a cinq ans. Et d’ailleurs, je suis effrayamment la même, en plus trash, en plus riche, en plus grande, en plus cynique, en plus corrosive, en plus parisienne. Je suis toujours aussi maladroite quand il s’agit de garçons. J’ai l’impression d’avoir encore 19 ans.

Entre celui qui m’avouait le premier soir qu’il y « a quelque chose entre nous », celui qui en a après mon anus et l’autre qui « a envie de moi » pour un remake de Star Wars, je préfère simplement fermer les yeux et continuer ma petite vie de bretonne expatriée à Paris, musées le dimanche, restaurants et bars en semaine, shopping le samedi. Je m’occupe l’esprit et tente d’être le moins possible chez moi, comme si dehors, être seule était moins difficile à supporter que d’être en tête à tête avec soi même dans son petit studio. Comme si, quand on est dehors, on partageait quelque chose avec les autres. Parce que c’est entre soi et soi chez soi.

Je ne cesse de penser « s’il m’arrivait quelque chose chez moi, si je tombais dans la salle de bain, morte, personne ne s’en rendrait compte, mis à part mes collègues, et encore… ». Mes parents et mes amis m’appellent très peu souvent et quand ça arrive, je ne réponds pas à chaque fois. Je pourrais donc agoniser pendant deux jours, le temps de mourir seule sur le carrelage froid de ma salle de bain minuscule. Et la vie continuerait malgré cela, moi en moins. Ce qui était rassurant, quand j’étais dans une vraie relation avec un garçon qui m’aimait, c’est que ce genre de chose ne pouvait pas arriver. Et quand bien même cela arriverait, je serais morte sur mon carrelage en me disant qu’il pensait à moi et que finalement, je ne suis pas morte, vraiment seule, mais qu’il était la, un peu. Ce n’est pas le sexe, ni le quotidien qui me manquent, mais juste ce sentiment bien caché qu’au fond, on n’est jamais seul quand quelqu’un partage notre vie, quand quelqu’un pense à soi un peu chaque minute. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’amour, mais de quelque chose d’autre. Que je ne parviens toujours pas à enfermer dans un mot, une définition.

En attendant de déterminer tout ça, il va falloir aller travailler demain, et tenter d’occuper les deux jours qui constituent un week-end histoire d’avoir l’impression de faire quelque chose de sa vie et de se dire, quand on finira froid sur son carrelage, que tout ça n’a pas été vain, et qu’au fond, on avait raison quand on clamait qu’on avait besoin de personne…

Commentaires

Driiing, driiing... Tiens, un nouveau SMS !

Bon ça va, hein, je loule...

Mais ça te plaît de penser que personne ne viendrait à ton secours s'il t'arrivait quelque-chose ? Crois-tu que ce serait le cas ? Si tu crois que les gens "sociabilisés" et pleins d'amis qui t'entourent seraient immédiatement secourus, entourés, réconfortés, etc., je crois que tu te trompes...

Il y a nuance entre ami et "ami Facebook". Si une certaine R.N. a autant d'amis dans la "vraie vie" que sur FB, j'imagine pas le bordel dans son quartier et sur le palier de son appartement : 750 amis venus accourir à sa porte, suite à son silence radio de 48 heures !

Et je pense qu'il faut bien réaliser cela avant toute chose. Réaliser que les vrais amis sont ceux qui sont là QUAND on a besoin d'eux. Les soirées, les dîners, les cinoches, c'est bien beau tout ça, mais ce ne sont pas des vrais "tests" ou épreuves. Et des épreuves, on en a tout au long de notre vie...

Surtout, quand on vit dans un environnement aussi aseptisé, aussi "sociabilisant", où la dictature des "relations" n'a d'égal que la "corporate amitié" qui semble animer ton cadre professionnel, je comprends que l'on puisse se sentir seul(e), rejeté(e) pour peu qu'on n'entre pas dans ce jeu-là qui sent le faux, le toc à plein nez...

Alors c'est pas si grave, va. On a quelques amis, si peu, certes, mais au moins on ne les oublie pas dans une myriade, dans une foule d'autres personnes.

Jaune (hors sujet ?)

Ecrit par : Jaune | mercredi, 09 septembre 2009

Héhé, a little off the subject. Je parlais surtout d'amour, non pas d'amitié, car je doute que mes potes pensent à moi comme un petit ami le pourrait. Si c'est le cas, c'est inquiétant. Je sais exactement qui sont mes amis et je savoure chaque fois que je les vois la chance que j'ai d'avoir de telles personnes dans ma vie.
C'est juste qu'en plus de ça, j'aimerais bien avoir cette personne qui pense à moi souvent, très souvent... Celle qui veut m'inviter à l'opéra Garnier, celle qui me donne un baiser dans mes endroits de Paris... Et puis, enfin, bref, ça fait six mois quoi. Et si j'apprends que Vroum Vroum (ou F.) seiks plus que moi, je me petit suicide fissa. C'est dit.

Ecrit par : konamav | mercredi, 09 septembre 2009

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