jeudi, 11 juin 2009
Set the control
Le ciel était bleu, les nuages blancs, la nuit se levait et dans l'euphorie du moment, avec un bon vinyle des Pink Floyd, en l'occurence A saucerful of Secret, dont j'ai fait joyeusement l'acquisition samedi dernier, je me suis allumé une cigarette, à ma fenêtre, les yeux rivés vers le ciel bleu, nuit. J'ai tenu deux minutes montre en main. J'ai du avaler une tonne de Tic Tac pour oublier le goût de la cigarette, qui en avait pour la première fois depuis que j'en fume occasionnellement, le même que lorsque j'avais allumé ma première Camel près du cimetière du village, avec Stéphanie. Nous avions 14 ans. En écrasant ma cigarette à peine entamée, je me suis alors demandé "combien de temps également je tiendrais, à faire des efforts pour un autre, pour une relation dont l'avenir reste simplement de la spéculation sentimentale sur ce que l'on est capable aujourd'hui de dire que l'on serait capable de faire et d'être demain" ?
Après une autre fournée de Tic Tac, et cette fois, pour le plaisir, et après une envie urgente d'aller me laver les mains pour effacer cette odeur si lourde et persistante, j'en suis toujours au même point. J'ai encore le souvenir de ce goût si particulier et finalement désagréable, de ce crépitement doux et discret de la cigarette qui se consumme, et de la fumée sortant de ma bouche, et de ce geste qui en était presque naturel et dont une certaine class se dégageait, comme si l'on avait assimilé cette image de la femme troublée et blessée qui fume pour remplir son corps de quelque chose qu'un autre n'a pas su donner.
Nous avons poliment convenu d'une "pause officielle", pas d'une "pause à la Ross". Au fond, je sais ce que j'y perdrais et ce que j'y perdrais. J'assumerais ma décision, qu'elle prenne une direction ou une autre. C'est ce qui m'effraie et me rend la tâche encore plus complexe. J'aimerais pouvoir me laisser aller et prendre la direction que l'on m'indique. Parfois, on a simplement besoin d'un homme classique et traditionnel et d'être une femme classique et traditionnelle. Ce rôle de femme indépendante et forte est fatiguant. Et ne mène qu'à devenir et rester une femme indépendante et forte, mais célibataire. Mon centre d'interêt n'est pas "l'homme". Certaines femmes sont dans une sorte de quète obsessionnelle de la recherche du "mec", écument Afterwork et rencontres, toujours sur leur 31 au cas où. Lorsque je remettrais des préservatifs dans mon portefeuil, c'est que la chose sera donc officielle, la chose étant le célibat. Je ne sais pas vraiment pourquoi nous laissons l'autre chose trainer, pourquoi nous ne prenons pas de décision. La passion ne devrait pas laisser le temps à la reflexion, puisque l'on est passionné et donc certains de ce que l'on veut, ce que l'on est. Je ne comprends pas pourquoi nous devons réfléchir. Est-ce parce qu'il est difficile de mettre fin à quatre années partagées ? Est-ce que le doute est normal ? Si l'on s'engage pour l'avenir, ça devrait être spontanné. Mais c'est vrai, on envisage le futur en pensant à toutes ces choses agréables que l'on a passé, dans le passé. On se dit que l'on aimerait les retrouver. Je suis nulle en relations. Surtout en relations sentimentales. Je suis et resterai une fille complexe en quète de perfection et de passion. Cette pause, c'est pour lui, pour qu'il réfléchisse. Ou pour qu'il trouve la force de me dire au revoir, comme moi j'ai su le faire.
Ce qui me fascine presque, c'est que j'ai l'impression de mieux connaitre Mr G ou mon Bobo Parisien que PL. Pourtant, j'ai passé cinq mois en tout, eux deux cumulés. Il s'agit peut être de cette "connexion", de ce "truc" que l'on a avec quelqu'un, qui ne s'explique pas, et qui contribue tellement à entretenir une sorte de magie autour de la relation, de la personne, un mythe en fait. Qui au fil du temps se transforme en une sorte de malédiction douloureuse car on sait. On sait que l'on s'aime mais que l'on ne peut partager plus. On est donc condamné à choisir entre deux directions : celle qui nous mène vers une relation que l'on doit contruire avec efforts et volonté, en réfléchissant ou celle qui fait mal mais qui reste spontannée. C'est un choix que je ne ferais pas. Je laisserais la vie choisir pour moi.
23h50. Je tombe de sommeil depuis ce matin. Pourtant, on n'est qu'au début de la nuit. Le moment de la journée que je préfère, les seuls lumières étant celle des autres et celle de mes bougies. Ca me donne l'impression d'être hors du temps. I belong the night.
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