dimanche, 07 juin 2009

Gromanche,

in a few songs

 

 

 

 

 

In a few words

21h25. Je regarde TF1, à qui je répondrais "De rien". Les semaines passent. Je fais des rêves erotiques. J'ai envie d'embrasser un certain garçon, que je ne parviens pas à contacter (pourtant, j'ai essayé (de le contacter)). J'ai acheté une robe rouge Bel Air à 120 euros (que j'ai payé 96 puisque c'était Vente privée). Je me maquille et mets mes escarpins, enfin. Mes robes également. Je ne pleure pas. Je n'y arrive pas, malgré mes efforts. J'ai l'impression d'être insensible. Je me promène dans mon quartier, que j'aime toujours. Je fais les boutiques ou alors je marche, avec style, en écoutant "la putain de musique ci-dessus". La semaine prochaine j'irais surement au Louvre ou au Grand Palais, en esperant qu'il fasse assez beau pour que je puisse mettre ma nouvelle robe. Je ne suis ni Bridget Jones, ni Carrie Bradshaw. Je suis simplement quelqu'un qui ne supporte pas de ne pas controler son environnement, soi-même et les autres. Je sais simplement ce que je veux et ce que je ne veux pas, et je n'assume pas certaines choses que je ne veux pas sous prétexte que ce n'est pas assez cérébrale. Je suis un mouton libre, qui vit mal son indépendance et le poids de ses choix d'émancipation. La vue du troupeau, joyeux et paisible, apparemment heureux me ramène toujours à la même question : "est-ce que j'ai suffisamment de force et de volonté pour me donner les moyens d'être qui je veux être ?". Parfois, j'aimerais simplement ne pas avoir le choix, être une femme japonaise, soumise à l'autorité du mari, et dévouée au bonheur de la maison. Parfois, j'aimerais être la femme d'un homme riche qui admire mon travail et ne pas à avoir à travailler. Et puis parfois, j'ai envie de déclarer au monde entier que la poursuite du bonheur peut se faire sans homme à ses cotés. Il n'y a pas de quiétude pour les esprits comme le mien. Les gens soit-disants heureux ne sont peut être que des ignorants qui ignorent qu'ils ne sont pas heureux. Peut être qu'en terminant la lecture du "Banquet" de Platon, j'aurais certains éclaircissements. Je suis devenue élitiste.

Mouarf.

00h02. Pourquoi s'évertue-t-on à vouloir trouver quelqu'un ? Je n'ai pas encore envie de fonder une famille, et l'idée d'être enceinte, d'avoir des bouffées de chaleur, de l'épisiotomie, des nuits blanches et de consacrer sa vie à un être entièrement dépendant de moi, non. Je ne peux pas. Pourquoi j'ai cette sensation que je n'ai commis erreurs sur erreurs ? Pourquoi je me sens toujours seule ? Pourquoi je sens que j'ai eu ma chance, et que je ne l'ai pas saisie. Pourquoi, malgré mon optimisme et ma volonté, pourquoi je sens que je me dissous. Certains m'ont ouvert leur porte, et moi je n'ai pas franchi le palier. D'autres ne me l'ont jamais ouverte. Alors que j'avais tout donné, et que j'en étais devenue transparente, même fragile. Pourquoi je ne parviens pas à le trouver, ce fameux garçon ? Et pourquoi personne ne me trouve ? Je ne sais pas si je supporterais...

C'est si difficile de voir autour de soi tant de "couple" en apparence heureux, c'est si difficile de se dire que l'on n'est qu'un amas d'égoisme qui mourra seul. Je pourrais mourir pour l'amour. Je devrais en écrire une chanson. L'hiver sera difficile, et je vois venir le spectre de...

J'ai beau chercher des réponses, j'ai beau me poser les bonnes questions, j'ai beau investiguer autour de moi, observer, agir, comprendre, analyser, je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour que ça marche. J'ai l'impression d'être handicapée, qu'il me manque quelque chose, un gêne, un élément dans mon éducation. Je me sens si anormale. Prisonnière. Coupable. Victime. Responsable. Spectatrice.

Demain, je rencontrerai un autre garçon. Je reproduirai inlassablement les mêmes erreurs. Car ce que je suis, je le resterai. Je suis fatiguée de donner. De ne pas pouvoir recevoir ou de ne pas être comprise, écoutée. Un autre echec. Faisant place à un autre, et à un autre. Je me sens coupable de ne pas avoir su retenir ces garçons que j'avais sur avoir. Je sais que je ne suis pas la seule responsable de l'échec, mais ce poids est si lourd, si insupportable. Je ne peux plus...

Je repense à tous ces bons moments que j'ai passé. Je repense à ce premier baiser à la gare de Nantes. Je repense à ce soir où je l'attendais à la gare de Rennes, il descendais les escaliers, et me donna un baiser au gout de cigarette. Je repense à la fois où il m'a dit qu'il me laisserait jamais tomber s'il m'arrivait quelque chose, à Vienne. Que doit-on faire de ces moments ? Les oublier ? Y repenser avec nostalgie en se disant qu'on en avait de la chance. Doit-on simplement espérer en revivre d'autres ? Je suis jeune, j'ai encore le temps d'avoir le coeur brisé une dizaine de fois. Mais sauf que cette fois ci, je ne peux plus. J'aimerais qu'on me laisse tranquille, que plus aucun garçon ne m'approche et ne tombe amoureux de moi. J'aimerais en finir ici. A quoi ça sert ? Je ne suis pas engagée dans la politique, ni dans l'humanitaire, je ne suis pas chercheuse au CNRS, je ne suis pas médecin, je ne suis pas un écrivain reconnu tendant à une postériorité certaine, ni un musicien dont les compositions résonnerons pendant des décennies dans le coeur des gens. A quoi ça sert de se battre s'il n'y a aucune cause à défendre, aucune vie à sauver, personne à rendre heureux, aucun enfant à élever ? A quoi ça sert ? Je ne suis qu'un poids pour moi même, les autres, la société qui paie pour mon thérapeute remboursé par la sécurité sociale. Je peux bien trouver une quelconque utilité, mais elle ne sera jamais noble à mes yeux, jamais assez. Ce qui a toujours compté dans ma vie, c'est le regard que je porte sur moi même. Ce que je tente de faire, c'est de donner un gout de romantisme à ma perte inéluctable.

Alors les jours, les nuits vont passer. J'ai l'impression d'être anésthésiée, j'ai l'impression que je n'ai pas encore rassemblé toutes les pièces du puzzle. Il me manque encore...

On est déja demain. Encore. J'écoute encore les mêmes chansons, inlassablement. Je regarde les mêmes films en boucles, les mêmes séries pour trentenaires désepérées. Je crois que j'ai oublié de vivre ici, avec les autres. J'ai peur, c'est tout. Mais comme je suis forte, on croit en moi. Voila mon seul noeud à ma corde, pour que je ne glisse pas dans l'abime profond de mes pensées.

Peu importe les réponses, car se poser les questions, c'est déjà et tellement si lourd à supporter.

Commentaires

j'ai cru déceler une pointe d'optimisme bien cachée dans cette note... Tout va bien j'espère... :)

bises

Ecrit par : marav | jeudi, 11 juin 2009

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