mercredi, 03 juin 2009

the bend

Bon, je réécris par dessus la note précédente. Je ne l'ai pas relue, mais je sais qu'elle était d'une qualité plus que douteuse. Le fond reste le même. Finalement, je n'ai pas beaucoup de choses à dire. Je n'ai ni haine, ni regret (si on ne compte pas celui de ne pas avoir mis fin plus tôt au gâchis), ni remords, ni peine, ni joie. Je trouve plutôt étrange cette indifference. C'est marrant, je pense peu à ce que j'ai perdu. Je pense legèrement plus au prochain garçon que j'aimerais embrasser, oui, il y en a un. Je pense surtout à tout ce que j'étais encore prête à donner, à faire, à esperer de lui. Mais mis à part un sentiment de deception à son égard, et puis aussi un peu au mien, j'ai surtout une sensation de soulagement. Le soulagement que j'ai encore à donner, à prendre, à espérer d'un homme. Je vais donc continuer paisiblement ma petite vie parisienne. Je m'habillerais un peu mieux, c'est tout. J'irais surement au Louvre, renouer avec mes anciens espoirs, ceux de rencontrer un être beau et intelligent devant un tableau de Degas. En sortant, j'irais surement flaner sur le pont des arts, ma robe flottant dans le vent, mes lunettes de soleil sur le nez et un air satisfait et mélancolique collé au visage. Je marcherais vers St Germain et rentrerais en bus, en passant par Bastille. Même si cette ville est empreinte de mon histoire avec ce garçon, j'accorde étonnemment aucune importance aux lieux où nous avions un queconque souvenir. S'il est vrai que je ne retournerais jamais dans les restaurants qu'il m'a fait découvrir, tout le reste de Paris n'a jamais été à "nous". C'est marrant, parce que Rennes ou Nantes ne me laissent pas les mêmes impressions. Certains endroits appartiennent encore au passé. C'est peut être parce que Paris est une ville inhumaine où l'amour n'a aucune place. Tout s'efface.

J'ai toujours imaginé comment j'allais réagir après ce genre de chose. Mais je ne pensais pas que j'allais réagir comme je disais que j'allais réagir. C'en est effrayant. Pourtant, j'ai un coeur. Enfin, une ruine. Ma fierté et mon courage sont restés intacts. Et puis, c'est peut être que j'ai grandit. Certaines choses ont finalement peu d'importance. Et puis, plus je réfléchis et avance dans mes raisonnements, je sais au plus profond de mon être que ma vie sera courte. C'est un sentiment étrange et incontrollé, que j'ai de plus en plus. Ca en devient une conviction vicérale. Je ne sais pas si je mourrais par choix ou accident, mais je n'aurais surement pas d'enfants, et je n'acheterais jamais la maison au bord de la mer en Bretagne, celle dont je rêve, et je ne mourrais pas entourée de ma famille. Je serais surement brulée et mes cendres moisiront dans un carton déposé sur le bord de la rue. Mais ce qui compte, c'est aujourd'hui. Je ne me rends surement pas compte, encore, de ce que c'est d'avoir perdu quatre années à se donner à quelqu'un qui au fond ne méritait pas un iota de mon affection et pas une seconde de mon temps. Ce que je sais encore, c'est que l'on a jamais ce que l'on mérite. On a ce que la vie veut bien nous donner et c'est ça ou rien. On a beau agir, se battre, croire, espérer, réfléchir, au fond, ça ne sert qu'à rassurer sa petite conscience, mais le résultat est le même : on n'est pas heureux. On s'efforce juste de le paraitre.

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