jeudi, 14 mai 2009

Hold tight Paris

1h22, en ce mordi orageux, In dust I trust.

C'est marrant que nous passions notre vie à vouloir faire des choses exceptionnelles alors que finalement, nous n'aspirons qu'à vivre dans un environnement confortable. On passe notre temps à regarder les mêmes films, les mêmes séries américaines, à écouter les mêmes chansons, à relire les mêmes livres, à voir les mêmes personnes, à vouloir utiliser le même stylo au boulot, et s'assoir sur la même chaise que l'on a passé au moins 5 minutes à régler, à "sortir" avec la même personne, à faire ses courses dans le même magasin, à fréquenter le même bar et acheter ses vêtements chez la même enseigne. Finalement, on est tous les mêmes à des degrés différents. Nous sommes tous des gens sans importances qui trouvent exceptionnel de voyager dans un pays lointain pour ses vacances d'été, de lire Guerre et Paix, de se marier, de tenir tête à son patron, de s'acheter le super jean Levi's en solde, de découvrir un nouveau groupe, ou un nouveau film, d'avoir un nouvel ami. Vivre cette vie sans surprises, c'est comme si on voulait rendre exceptionnel le fait d'avoir acheté sa baguette "Tradition" en rentrant du travail. Au final, celui qui se fait le plus de mal, c'est celui qui tente chaque jour de se persuader qu'il est content de sa vie, telle qu'elle est, dans son ensemble, avec ce qu'il a et ce qu'il n'a pas.

1h40, diantre, que le temps passe vite, si vite, que j'ai bientôt fini mon sandwich électrique. C'était d'une exquise jouissance. Mais c'est comme tout, on se réconforte dans l'idée que l'on peut toujours réécouter l'album, un double clic suffit. On peut simplement avoir peur de se lasser de l'écouter et de ne plus ressentir ce bonheur, qui nous donnait une raison de vivre, ou de veiller. Il est parfois difficile de contenter un esprit affamé et agité.

C'est triste qu'aujourd'hui est pareil à hier. Demain ne donne donc guère envie de se lever. Rien que le fait de penser que je vais transpirer avec des inconnus, transpirants également, dans un RER humide et puant me répugne et m'a malheureusement anésthésié à la sensualité d'un corps humide après l'amour.

Gute Nacht, Nacht.

Konamav, un mouton engagé.

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