jeudi, 02 avril 2009

Les murs, c'est dur

3h35.

Ma faim de séries américaines pour adolescents et pour femmes célibataires trentenaires est totalement insatiable. Bref, demain, j'ai surement un des derniers rendez-vous avec Madame 80 euros, concours de circonstances puisqu'elle n'est pas disponible avant cet été. Mais je ne suis pas une assistée, et ne l'ai jamais été. Demain, je m'achète finalement un mixeur pour me faire un milk shake, boisson que je n'ai jamais goutée.

Hier, je me suis tapée la tête contre le mur de mon appartement, tellement fort que j'en ai une rangée de bosses qui me font attrocement souffrir. Sans compter la honte que je dois endosser d'avoir poussé le voisin à appeler les pompiers et d'avoir du promettre au jeune pompier surement très beau que je pleurais plus en silence la prochaine fois, entrecoupé de milliards de "je ne suis pas un cas sociale, j'ai le droit d'être triste". La honte me va très bien, surement mieux que les robes que je ne porte jamais et le mascara mauve que je me suis acheté hier, pour qu'enfin PL remarque que je suis "une femme", parce que le mascara noir a été un échec cuisant. Tout ça pour dire que ces bosses ont un effet "garde fou", qui me rappelle la situation inconfortable à laquelle j'ai du faire face, et aux larmes versées pour rien, parce que je m'affole toujours pour rien, parce que je démarre au quart de tour, parce que je suis un être d'une extrême sensibilité qui recherche quelque chose par simple masochisme.

Tout ce romantisme que je m'efforce de mettre en avant, comme une quete sacrée, ce n'est simplement qu'une raison que j'ai concocté pour justifier mon incapabilité à aimer et à accepter d'être aimée. Les choses pourraient être si simples et si douces. Mais il est clair que je préfère m'enfermer dans le passé et les choses romantiques que j'y ai vécu. C'est tellement plus simple de jouer avec son imaginaire. La vraie vie, c'est un mur. Le mien n'a pas de porte. Alors je dois faire plus que les autres, me battre, cogner très fort et crier pour qu'enfin quelque chose se passe. Ces derniers temps, j'avais décidé de ne plus crier, de ne plus me faire entendre, mais de me faire si petite, si transparente que plus personne ne me verrait. Ca a marché. J'ai pris pleine conscience que je ne suis rien, entourée de rien, et que je me bats contre un mur invisible, si ce n'est, celui de mon studio minable. Il y a pourtant une chose de bien. Une seule chose. Ce n'est pas mon travail qui m'a provoqué plus d'une semaine d'arrêt maladie, ni ma vie sociale et amicale inexistante, ni ma vie familiale. Cette chose, je voulais la briser contre ce mur, pour qu'enfin j'ai une raison de me sentir vraiment seule, vraiment abandonnée de tous, de dieu (bah, il n'existe pas vraiment, mais c'est un bon bouc emissaire), de la vie.

Il faut simplement que je trouve un autre emploi, un autre appartement, une autre vie, et tout ira bien, évidemment.

La vie, c'est comme une série américaine pour adolescents, on sait toujours comment un drame se termine.

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