dimanche, 22 février 2009
Zum Wohl
21h35. C'était un Gromanche de chien d'appartement. J'avais arrêté de boire seule depuis quelques semaines, sans raison.
J'ai repris, pour cette raison qui, au fond a toujours été la même : la solitude et le besoin d'oublier.
C'est surement cette musique que j'écoute qui biaise mon regard sur ma vie et la rend triste et romantique, voire dramatique.
C'est aussi ce bouquet de roses rouges qui fanent et deviennent noires.
C'est aussi que je n'ai pas parlé à qui que ce soit depuis 48 heures et que le premier mot que je prononcerais demain matin seulement sera destiné au chauffeur de mon bus de banlieue qui me mène de la gare RER à mon lieu de travail : "Bonjour", alors que je ne l'aurais à peine regardé dans les yeux, non pas par dédaignement, mais par désarois de devoir aller travailer.
C'est aussi que j'aime cette chaleur que l'alcool m'apporte. J'ai les joues rosées maintenant. Je me sens mieux. Moins seule. Mais toujours aussi triste. Je pense que c'est la musique. Oui, cela doit être elle.
C'est aussi que j'ai peur parfois de devenir l'héroine d'un roman russe. Cette héroine qui commence à perdre pieds très doucement pour des raisons douteuses, mais nobles, et surtout romantiques. Cette héroine qui se met en danger parce qu'elle a juste envie de se sentir en vie, se sentir vibrer.
C'est aussi que je ne veux pas que les jours passent. Je n'ai même plus hâte au Week End prochain. Il est si certain que je vais être seule. Dois-je alors me résoudre à m'abandonner dans la musique ? Je n'ai pas de talents. Mais je sais boire.
C'est aussi que je me sens étouffer dans ce petit appartement, cette ville stressante, cette vie sans alternative. J'aurais presqu'envie de me retrouver avec mes tripes entre mes doigts juste pour me dire "ouf, tu l'as enfin fait, tu n'es pas si lâche et passive."
Bon, finalement, c'est plus sage de continuer à boire et d'oublier toutes ces pensées lugubres. Oui, pour oublier. Ou mettre tout cela dans un coin, sur une jolie étagère, décorée avec un boulot sympa en apparence, quelques "amis" pour combler et posé délicatement entre les bons sentiments que l'on se force d'avoir pour autrui et la haine que l'on se cache au fond de soi. Sans compter l'encens que l'on brule religieusement pour que ça sente bon, pour masquer l'hypocrisie d'avoir une vie sociale "normale".
A toutes ces vies, je bois. Au bouton qui vient de me pousser à cause des angoisses qui m'envahissent, je bois. Ma canette de bière allemande à 50 centimes est finie. Mais il y en a d'autres, et ça, ça me rend heureuse. Et donc, je bois.
Je bois à cette chanson de Pink Floyd, que j'écoute, en boucle, oui, depuis des mois.
And no one knows the where's or why's
but something stirs and something tries
and starts to climb towards the light...
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Commentaires
Rien.
Ecrit par : Jaune | mardi, 24 février 2009
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