« Oui, mais alors ! | Page d'accueil | Taupie au fond de ce trou »
jeudi, 15 mai 2008
Does it make a difference ?
Un soir, chez lui, seule. Un des derniers.
Tout ne tient qu'à un fil. Tout semble si fragile. Prêt à rompre. Dans les larmes et la douleur. Mais on s'accroche à des souvenirs et des espoirs. Tout ne tient vraiment qu'à un fil. Lui, l'amitié, le travail, la vie.
Les rennais, s'encouplent. Il semble normal pour eux, lorsque l'on a un travail stable, un petit ami, de s'installer avec lui et d'envisager de contruire quelque chose, comme une maison. il semble normal et évident pour eux de vouloir acheter un écran plat, une voiture, des meubles, à deux, en couple. Et moi, alors ? Suis-je normal de vouloir vivre pour moi, moi seule ? De ne pas m'installer avec lui mais plutôt de me désinstaller ? Suis-je normale de vouloir garder pour moi mon jardin à moi, qu'il soit secret ou non ? Suis-je normale de ne pas dépendre entièrement de lui, de ses amis, de son réseau social, de sa présence ?
Je n'ai pas envie de tout reconstruire quand la fin arrivera. Je n'ai pas envie de tomber dans le piège dans lequel tous ces couples tombent : tout contruire par rapport à l'autre, dans son jardin à lui, négligeant son propre jardin.
Je tisse ma toile, car je la trouve fragile. Des vrais amis, j'en ai de moins en moins. Ils s'éloignent tous. Avec leurs boy/girlfriends. Il semble que ce soit la seule chose qui compte dans ce monde de merde.
Et puis je sais que ces gens, qui vivent à Rennes ont une vie différente. Je sais qu'ils me jugent. Même s'ils ne nient. Je sais qu'ils pensent que je ne suis qu'une "parisienne" qui parle comme une "parisienne" avec des mots "parisiens" sur des sujets "parisiens". Je sais qu'ils ne me connaissent pas. Je sais qu'ils pensent que je suis une pauvre fille qui ne sait pas ce qu'elle veut et qui prétend vouloir être indépendante à défaut de pouvoir être comme eux : en couple. Et puis je sais surtout que l'on a de moins en moins de choses en commun, on n'écoute plus la même musique, on n'aime pas les mêmes livres, on n'a pas les mêmes loisirs, les mêmes aspirations. On ne se fachera jamais à cause de ces différences, mais les relations resteront superficielles. Sans saveur. On rit moins ensemble. Mais on s'apprécie. On vit dans deux mondes opposés. Je suis une citadine qui souffre d'un mal moderne : l'éternelle insatisfaction. Eux sont des proviciaux qui souffrent d'une tradition : la satisfaction mutuelle dite "jamais l'un sans l'autre".
Dans dix ans, ils me verront comme une dilletante, une femmes aux moeurs légères, et voudront m'éloigner de leurs chiards. Dans dix ans, je les verrai comme des vieux croutons avant l'âge. Mais on restera polis et on prendra courtoisement de nos nouvelles.
Et qu'est-ce que ça change, puisqu'on va tous mourir, sans avoir rien accompli d'exceptionel, sans laisser de trace dans l'histoire, sans avoir sauvé la vie de qui que ce soit.
En direct du douzième parisien, votre amie du week end s'entretient le cerveau
22:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











