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samedi, 08 mars 2008

Go live pour perdance, version 2

Sadi. Et on se demande ce que je fais toujours la. Chez lui. Mais peu m’importe. J’ai juste l’impression que je deviens aussi molle que ce qui m’entoure.

Mais, ça, j’en ai déjà parlé. Et ça, on s’en fiche.

Alors, passons, parce qu’il est facile de passer, passivement. Passons alors aux choses sérieuses : le travail. Je ne sais pas comment je dois considérer cette première expérience de vrai travail, avec un vrai salaire (parisien). J’ai simplement l’impression de ne pas avoir évoluer. Je suis toujours la même, malgré ma volonté de me sortir de ce cauchemar de moi. Je suis une chose transparente, mais, plus politiquement correct, comme dirait mon boss : « comme tu es discrète, j’ai demandé à Laurent et Filipe de ne pas t’oublier pour te former et te donner du travail ». J’ai ri, parce que je ne savais même pas comment rebondir sur cette remarque. Oui, il a remarqué que je suis « discrète » (ou comme je dirais plus directement : transparente). Et j’ai remarqué que celui qui est arrivé en même temps que moi se fait une bonne grande place dans la « famille ». Mes problèmes restent les mêmes que la bonne époque ou je travaillais dans les approvisionnements avec mini hitler. Je n’ai pas évolué. Pas vraiment.

 

21h27. Devant la superbe émission du service public, je regarde indifféremment, telle un paresseux, la prestation de diam’s, en mangeant la formule express de Picard. Quelle piteuse vie. Ma vie.

Ce soir, j’avais un choix : soit sortir avec PL, ses potes, sa sœur dynamitée et ses potes du même acabit. Ou me trouver des amis avec qui sortir. Ou larver seule.

Ce soir, je me suis forcée à envoyer des SMS aux personnes qui sont à Paris. 2. En les envoyant, j’ai pensé très fort que le pourcentage de réponse positive était très faible. J’ai pensé également que le pourcentage de réponse l’était… Résultat : un message sur mon répondeur « Ce soir, je vois ma sœur…. », et un gros vent de bobo.

Par conséquent, vous me voyez telle que je suis, en train de loser devant la télévision, en me goinfrant de Picard et autre plat préparé (acheté au traiteur Simply, s’il vous plait).

Je garde mon livre pour mon long trajet de RER (j’en suis à 2 à 3 livres par mois, soit une grosse facture à la Fnac…). Je peux jouer à HOMM. Je peux surfer sur le net. J’aurais pu aller au cinéma voir un film que je crève de voir depuis un mois. Mais l’idée d’aller seule, dans Paris et ses métros, m’a totalement déprimée. Et puis, je n’ai pas de billets réduits pour le MK2 (seule salle à Paris, 6e, qui daigne projeter mon film). Oh. My. God… Koxie. Quelle masacre ! Elle chante faux sa propre chanson. Le live, c’est tout un art.

Alors, je mange, je mange en regardant la télévision, en écoutant les pseudos blagues de Nagui.

Je résiste aussi. Je ne mangerai pas de confiture. Non, pas ce soir. J’en ai trop mangé hier. En revanche, j’ai toujours soif de bière, de n’importe quelle boisson alcoolisée.

Alors, parce qu’il ne faut pas se refuser de se faire plaisir, je vais de ce mot, aller m’ouvrir une bonne bouteille de Sterling (Brassée pour Auchan). Et puis pour me faire plaisir, je vais me commander un sac Christian Lacroix sur la Redoute (parce que je ne suis pas assez friquée pour m’acheter une de ses créations au Bon Marché. La seule chose que j’ai acheté, parce qu’à peu près à portée de mes moyens, c’est un parfum Chanel pour PL.). Un rêve en passe de se réaliser. Un item griffé Christian Lacroix, le plus talentueux des créateurs. Et oui, comme toute grosse pouffe Parisienne, j’aime ce qui brille. J’aime me promener avec mes Repetto, porter mon mascara Chanel, mon parfum Dolce & Gabbana, et mes fringues chères. Que suis-je devenue ? Je n’arrive même plus à entrer dans un magasin Naf Naf, trouvant que le service est médiocre. Je préfère aller à 123, avoir deux vendeuses qui se chargent de m’apporter des vêtements pour moi dans la cabine, je préfère aller à un corner Chanel demander conseil à un expert en parfum pour hommes. Que suis-je devenue ? Une pauvre conne qui va souvent au restaurant japonais. Une pauvre conne qui a perdu la quasi-totalité de ses amis. Une pauvre conne qui se demande pourquoi Stef me parle encore. Une pauvre conne qui se demande pourquoi PL ne me vire pas de chez lui à coup de savates, assorti d’une bonne paire de claques dans ma gueule. Une pauvre conne impressionnée par ce qui est créé pour impressionner. Une pauvre conne sans talent littéraire et musical. Une pauvre conne comme les pauvres connes que l’on voit dans Sans Aucun Doute ou Confessions Intimes ou Ca se Discute. Une pauvre conne indigne. Une pauvre conne qui lit The Devil Wear Prada et qui s’est demandé si elle ne préférait pas travailler dans la mode comme secrétaire, au lieu, comme aujourd’hui, de travailler dans une grosse boite réputée, pour un poste assez valorisant.

 

Ce soir, je vais manger mon super bœuf aux épices. Me faire un bon plat que je serais heureuse de ne partager avec personne. En buvant une boisson pétillante alcoolisée et rafraîchissante.

 

Je ne suis rien, puisque je n’ai plus vraiment de personnes autour de moi. Je n’existe plus. On commence par devenir transparent au travail, on le devient dans sa propre vie. Vous me direz, c’est un choix. C’est un choix que de regarder la télévision un Sadi soir, seule, en mangeant trop et en buvant trop.

Et puis, j’écris, non pas pour attirer l’attention, la pitié, la compassion. J’écris parce que c’est la seule chose qui me reste pour parler. Pour mettre des mots sur ce que j’ai au fond de moi. Pour concrétiser ce que je suis.

 

Votre amie du Week End, lobotomisée et spleenée. En mode Silencieux, parce que, comme ça, je n'entends pas que personne ne m'appelle.

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